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 CONTES CELTES

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Faenor
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Féminin Nombre de messages : 742
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Localisation : Aix-en-Provence
Emploi : Conteuse-Musicienne
Date d'inscription : 13/11/2004

MessageSujet: CONTES CELTES   Jeu 15 Fév - 20:00

gandf C'est ici que toute une série de Contes celtes viendront se déposer!
Bonne Lecture à vous! flow

LE DON DU FANTÔME:


Dans l'ancien temps, il y avait un homme qu'on appelait Pâidîn Ruadh O'Kelly et qui demeurait au pied de la colline du Petit Nêifin.
Il était marié, mais il n’avait eu qu’un seul enfant, une fille, qui était malheureusement aveugle. Les gens du voisinage appelaient cette fille Nora Dall et murmuraient qu'elle entretenait des rapports avec les fées et les gens des tertres, car on la voyait toujours la tête dressée vers le ciel, comme si elle écoutait des voix que personne ne parvenait à entendre.
Il faut dire que Pâidîn Ruadh était lui-même bien étrange.
Il ne possédait que deux acres de terre autour de sa maison, et il était très pauvre, car sa récolte de pommes de terre était bien maigre.
Mais, chaque nuit, qu'il fit froid ou chaud, humide ou sec, il sortait de chez lui et s'en allait rôder dans la campagne. En fait, il ne savait pas pourquoi il agissait ainsi : quand on lui en demandait la raison, il répondait toujours qu'une force irrésistible le poussait à s'en aller ainsi dans la profondeur de la nuit et qu'il lui était impossible de demeurer immobile et allongé sur son lit.

En ce temps-là, les gens croyaient que tous les lutins et les fantômes de la terre sortaient pendant la nuit de Samain' pour gâter les mûres, et, assurément, personne n'aurait mis la moindre mûre dans sa bouche après cette date-là. Mais Pâidîn n'avait pas peur des êtres de la nuit, et ce n'était pas la nuit de Samain qui l'aurait empêché de sortir de chez lui et d'aller très loin à travers les collines.

Donc, une nuit de Samain, Pâidîn sortit de sa maison, comme il en avait l'habitude, et il marcha longtemps jusqu'à ce qu'il arrivât auprès d'une vieille église entourée du cimetière. La lune était dans son plein et elle donnait une belle lumière, car le ciel était sans nuages. Comme il entendait un bruit de branches froissées, Pâidîn regarda en l'air et vit un grand homme qui sautait d'arbre en arbre. Tous les cheveux qu'il avait sur la tête se dressèrent tout à coup et il sentit qu'une sueur froide lui coulait sur tout le corps. Il ne pouvait même pas mettre un pied devant l'autre tant il était saisi de frayeur.
Le fantôme dans un chuintement d’air, sauta à terre.
Il avait des jambes longues et maigres, et l'on voyait presque à travers son corps. I1 s'arrêta devant Pâidîn et lui dit :
« N'aie pas peur de moi, je ne te ferai aucun mal. Je sais que ton courage est grand et c'est pourquoi je vais te faire voir la troupe de fées de Connaught qui joue à la balle contre la troupe des fées de Munster au sommet de la colline du Grand-Nêifm. Je ne pense pas que tu puisses le regretter. »
Sur ce, il saisit Pâidîn par les deux mains, le jeta sur son dos comme on jette un sac plein d'orge, sauta sur l'arbre et, ensuite, de branche en branche, parvint au sommet du Grand-Nêifin.
Il déposa doucement Pâidîn sur un rocher. La troupe des fées de Connaught ne tarda pas à arriver. Elle fut suivie par celle des fées de Munster.
Elles se mirent à jouer à la balle en présence de Pâidîn et du fantôme, et jamais un homme vivant n'avait contemplé un spectacle aussi amusant. Pâidîn riait aux éclats et en prenait mal aux côtes.
À la fin, le roi des fées de Connaught s'écria :
« Fantôme des arbres ! selon toi, quelle est la troupe qui a gagné la partie ? »
« Assurément, c'est la troupe des fées de Connaught ! répondit le fantôme. »
« Tu es en train de dire un mensonge ! s'écria alors le roi des fées de Munster. Nous allons combattre avant d'abandonner la partie à ceux de Connaught ! »

Ils commencèrent à lutter les uns contre les autres, et ce ne fut pas une mince affaire : ils ne se battaient pas pour rire et bien des crânes furent brisés, ainsi que des bras et des jambes, à cette occasion. L'herbe de la colline en devint toute rouge de sang.
À la fin, le roi des fées de Munster leva les bras au ciel et s'écria d'une voix forte :
« Paix ! je vous cède la victoire cette fois-ci, mais je vous assure que nous combattrons de nouveau pendant la nuit de Beltaine ! »
Alors, le fantôme des arbres dit aux deux rois :
« Payez cet homme que j'ai amené ici, car, sans sa présence, vous n'auriez pas pu jouer à la balle. »
« C'est juste, dit le roi des fées de Connaught. Je vais lui donner une bourse remplie de pièces d'or. »
« Je ne serai pas en reste, dit le roi des fées de Munster. Je lui donnerai, moi aussi, une bourse remplie de pièces d'or ».
Tous deux s'approchèrent de Pâidîn et lui tendirent chacun une bourse. Puis, brusquement, les deux troupes disparurent.
« Te voici avec beaucoup d'argent maintenant, dit le fantôme à Pâidîn.
Y a-t-il autre chose que tu aimerais avoir ? »
« Oui, en vérité, répondit Pâidîn. J'ai une fille qui est aveugle de naissance, et je voudrais bien qu'elle retrouve la vue. »
« Ce n'est pas difficile. Elle verra le soleil demain, avant qu’il ne se couche. Mais il faut que tu suives mon conseil. Il y a un petit buisson qui pousse sur la tombe de ta mère. Prends-en une épine et enfonce-la derrière la tête de ta fille. Elle y verra aussi bien que toi. Mais si jamais tu dévoiles ton secret à n'importe quel être humain, elle redeviendra aveugle pour toujours. Il est temps à présent de quitter cet endroit, car, avant que tu retournes chez toi, je voudrais te montrer ma demeure. »

Il prit Pâidîn par les deux mains et le jeta sur son dos, comme la première fois, et il se remit à sauter de branche en branche jusqu'à ce qu'il eût regagné le grand arbre, près de la petite église, au milieu du cimetière.
Il déposa doucement Pâidîn au pied de l'arbre, puis il souleva l'arbre, découvrant ainsi un grand trou dans la terre.
« Suis-moi » dit le fantôme en s'engageant dans l'ouverture.
Ils descendirent un bel escalier de pierre et arrivèrent à une grande porte. Le fantôme ouvrit la porte et ils entrèrent. Quand Pâidîn regarda autour de lui, il vit un grand nombre de gens qu'il avait connus autrefois et qui, depuis, étaient morts, tant de sa famille que de son voisinage, et cela depuis bien des années.
Quelques-uns souhaitèrent la bienvenue à Pâidîn et lui demandèrent quand et comment il était mort.
« Mais je ne suis pas encore mort ! » leur répondit-il.
« Tu plaisantes ! s'écrièrent-ils. Si tu n'étais pas mort, tu ne serais pas ici au milieu de la troupe des trépassés. »
« Ne crois pas ces gens-là, dit le fantôme, car ils ne comprennent rien à ce qui se passe. Tu as encore une longue vie devant toi. Viens avec moi, maintenant, avant que tu retournes chez toi. Je vais te donner un petit pot : à n'importe quel moment, quand tu auras besoin de nourriture et de boisson, frappe-le trois fois et prononce ces paroles :
« Nourriture et boisson, et gens de service ! » Tu auras alors tout ce que tu pourras désirer. Mais si jamais tu te sépares de ce pot, tu t'en repentiras. Je vais également te donner un petit sifflet : n'importe où que tu sois, si tu es dans la détresse et le danger, souffle dedans, et tu seras secouru. Mais, sur ton âme, ne t'en sépare jamais, car tu t'en repentirais amèrement. »

Là-dessus, il reprit Pâidîn par les mains, le mit sur son dos et le reconduisit sur la route qui menait à sa maison. Il le laissa à un carrefour et lui dit encore :
« Sur ton âme, ne raconte à personne ce que tu as découvert cette nuit, car tu aurais à t'en repentir, et je ne pourrais plus rien pour toi… »

Pâidîn s'en retourna chez lui, à la pointe du jour, et sa femme lui demanda où il avait passé la nuit. Il répondit simplement qu'il n'avait pas flâné, mais il déposa le petit pot sur la table et prononça les paroles « Nourriture et boisson et gens de service ».Rien ne se produisit.
Pâidîn était sur le point de maudire le fantôme qui lui avait raconté des mensonges, quand il se souvint qu'il avait omis de frapper les trois coups sur le pot. Il donna donc trois coups avant de prononcer les paroles magiques et, aussitôt, deux jeunes femmes sautèrent hors du pot, mirent la table et y placèrent toutes sortes de choses bonnes à boire et à manger.

Pâidîn, sa femme et aussi Nora Dall mangèrent et burent tout leur content, et quand ils eurent fini, les deux jeunes femmes desservirent la table, rangèrent tout soigneusement et rentrèrent dans le pot où elles disparurent immédiatement. Alors Pâidîn dit à sa femme :
« Nora ne sera plus longtemps aveugle. Je vais la guérir sans retard, mais je t'en prie, ne me demande pas de renseignements à ce sujet, car il m'est interdit de t'en donner ! si je le faisais, elle redeviendrait aveugle comme avant. »
« Tu te moques de moi ! s'écria la femme. Tu sais bien qu'elle est aveugle de naissance et que personne n'y peut rien ! »
« Attends de voir, dit Pâidîn, et tu parleras autrement. »
I1 sortit aussitôt de sa maison et s'en alla dans le cimetière. Il ne s'arrêta pas tant qu'il ne fût arrivé près de la tombe de sa mère. I1 y avait en effet un buisson épineux qui se développait au-dessus de la tombe. Pâidîn cueillit une épine et retourna chez lui.
Il saisit Nora et il enfonça l'épine qu'il venait de prendre dans la nuque de sa fille. Celle-ci poussa un grand cri et dit : « Je vois tout ! »

La mère fut saisie de stupeur et pouvait à peine croire à ce prodige. Quand elle eut pleuré de joie, elle dit à Pâidîn:
« L'amour et la chaleur de mon cœur, c’est toi, Pâidîn, mon époux. Tu es vraiment l'homme le meilleur que je connaisse au monde ! »
Le bruit se répandit dans le voisinage que Nora Dall n'était plus aveugle et ne méritait plus son nom. Les gens en étaient bien étonnés. Mais le bruit se répandit aussi que Pâidîn était devenu riche.

Or, pour qu'il fût devenu riche, il fallait bien qu'il fût de connivence avec les fées et dryades, c'était évident. On commença à raconter des histoires à propos de Pâidîn, et nombreux furent ceux qui l'envièrent et qui voulurent lui causer du tort. Certains finirent par dire qu'il n'était pas juste qu'il fût en vie, et ils imaginèrent un complot pour le tuer.

Heureusement, parmi eux, il y avait un homme qui ne voulait pas qu'il arrivât du mal à Pâidîn. C'était son propre frère, et il vint le prévenir de ce qui se tramait.
Pâidîn ne se troubla pas. Il mit le sifflet à sa bouche et souffla dedans.
Peu de temps après, il entendit murmurer à son oreille :
« Sors de ta maison et cueille les herbes qui sont dans ton jardin, le long du mur de ta grange. Manges-en tant que tu pourras et distribue le reste à ta femme et à ta fille pour qu'elles fassent de même. Chacun de vous trois aura autant de fois la force d'un homme qu'il y a de cheveux sur vos têtes. Avec le maillet qui est sur le mur de ta maison, tu peux vaincre tout ce qu'il y a d'hommes dans l'ensemble de ta paroisse. Mais prends bien soin de faire manger ces herbes à ta femme et à ta fille, et surtout ne révèle à personne les secrets dont tu disposes. »

Au matin suivant, les hommes et les femmes du village vinrent pour tuer Pâidîn. Ils répétaient partout que Pâidîn était un homme-fée et qu'il tenait sa richesse du grand diable d'enfer. Ils entourèrent la maison de Pâidîn et dirent que, s'il ne sortait pas, ils brûleraient la maison au-dessus de sa tête. Pâidîn vint à la porte, leur dit de retourner chez eux et de le laisser en paix, car il n'avait commis aucun tort envers eux.
Mais ils étaient si exaltés et si furieux que rien ne pouvait les satisfaire, hormis le meurtre de Pâidîn. Ils se lancèrent à l'assaut de la maison, espérant y mettre bientôt le feu.
Mais Pâidîn saisit le maillet, sa femme un manche de bêche et sa fille un ribot de baratte, et tous trois se ruèrent contre leurs assaillants.
Ils ne furent pas longtemps à les mettre en déroute, laissant derrière eux une bonne partie des leurs, les os rompus.
Et, depuis ce jour, les habitants du village se gardèrent bien de le provoquer ou de lui causer le moindre tort.

Ainsi vécurent heureux Pâidîn, sa femme et sa fille.
Mais comme tout a une fin, il fallut bien qu'un jour la femme de Pâidîn parlât du petit pot à l'une de ses voisines.
Celle-ci, bien qu'ayant promis le secret sur cette affaire, ne put s'empêcher d'en parler à une autre femme, de sorte que l'histoire, de bouche à oreille, parvint au seigneur qui possédait la terre.

Celui-ci vint trouver Pâidîn et lui dit :
« J'ai entendu raconter des merveilles au sujet d'un petit pot que tu as. Montre-le-moi, ou sinon, je te fais brûler pour sorcellerie» Pâidîn ouvrit son coffre et en sortit le petit pot que lui avait donné le fantôme.
« Fort bien, dit le seigneur, mais qui me prouve que tout cela n'est que vantardise. Montre-moi la vertu qui est dans ce pot. »
Pâidîn frappa trois coups sur le pot et prononça les paroles qu'il fallait. Aussitôt, les deux jeunes femmes sautèrent hors du pot et mirent la table, avec la nourriture et la boisson par-dessus, devant Pâidîn et le seigneur.
« Sur ma foi ! dit celui-ci, voilà un pot qui est bien utile. Et puisque je suis ton seigneur, il serait juste que tu me le prêtes ! je dois recevoir des gentilshommes un jour de la semaine prochaine, et je pourrai ainsi les traiter comme il se doit. »
Pâidîn réfléchit à ce qu'il convenait de faire. I1 était bien ennuyé, car il ne pouvait guère refuser son assistance à son seigneur.
« Ce pot n'aurait aucune vertu si je n'étais pas présent » dit-il enfin.
« Qu'à cela ne tienne ! » s'écria le seigneur. « Tu peux te joindre à nous et tu seras le bienvenu ! la seule chose que je te demande, c'est d'être bien habillé ! »
Le lendemain, Pâidîn acheta un nouveau vêtement complet et, quand il l'eut mis, il avait si belle allure qu'il s'en fallut de peu que sa femme et sa fille ne le reconnussent point. Mais elles ne purent s'empêcher de l'admirer. Le jour dit, au petit matin, il prit avec lui son petit pot et alla jusqu'à la maison du seigneur. I1 y avait là une grande quantité de gentilshommes venus de tout le pays avoisinant. Le seigneur fit entrer Pâidîn et son petit pot dans le grand salon.
« Fais préparer de la nourriture et de la boisson afin que je sache s'il y en aura assez pour rassasier ces gentilshommes. »
Pâidîn frappa trois coups sur le pot et prononça les paroles qu'il fallait, en n'oubliant pas d'ajouter « et les gens de service ! » Sur-le- champ, six jeunes femmes sautèrent hors du pot. Elles dressèrent une belle table et y disposèrent toutes sortes de choses, les meilleures qu'on eût pu trouver à la cour d'un roi. Le seigneur fit alors annoncer que le repas était prêt. Les gentilshommes qu'il avait invités furent pleins d'admiration quand ils virent la belle table et tout ce qui se trouvait dessus. Ils mangèrent et burent à satiété, mais bientôt un sommeil lourd s'empara d'eux.

Quand ils s'éveillèrent, le toit de la maison avait disparu sans qu'on pût savoir ce qu'il était devenu. Ils se demandèrent ce qu'ils étaient venus faire en cet endroit dévasté et s'en retournèrent chez eux furieux contre le seigneur qu'ils accusaient de s'être moqués d'eux.

Quant à Pâidîn, il était bien le plus ennuyé de tous. Car il eut beau chercher son petit pot, ainsi que le sifflet dont il ne se séparait jamais, il ne les trouva pas, et il s'en retourna chez lui, honteux et confus.
Il redevint aussi pauvre qu'il l'avait été. Pendant que lui- même, le seigneur et tous ses invités étaient plongés dans le sommeil de l'ivresse, les fées étaient venues et avaient emporté le tout. Ainsi tomba le malheur sur Pâidîn parce qu'il n'avait pas su garder le secret sur les choses merveilleuses dont lui avait fait don le fantôme des arbres

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Rakaniac
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MessageSujet: Re: CONTES CELTES   Ven 16 Fév - 0:54

Fameuse légende que celle-là Béa !
L'ambiance de cette histoire me fait penser à un cd de Stivell (Légende) dans lequel il parle des premiers peuples qui ont habité l'Irlande avant les Celtes :
les peuples-dieux de Danu.
Un disque que je te recommande.
Bravo pour cette histoire et pour ton travail de recherche !
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