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 CELTES...

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Faenor
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MessageSujet: CELTES...   Ven 25 Fév - 1:13

LA LÉGENDE DU BARDE CERVORIX

Il existe une tradition ou plutôt une légende qui nous apprend la mort d'un Barde célèbre, de Cervorix.

Non loin de la Saône, dans la pays des Aulerques-Brannovie, dans un bois consacré à Bélénos, un soir, le Barde Cervorix, assis sur un rocher solitaire (car il était entouré d'eau), instruisait ses disciples qui, tête nue, écoutaient ses paroles.
Cervorix pinçait les cordes d'une lyre d'ivoire enrichie de lames d'or. Cette lère epta corde était un présent des Druidesses de l'île de Sena.
Tout était calme autour du Barde : l'eau, la terre, la forêt, ainsi que la voûte éclatante du ciel parsemée d'étoiles. Les disciples écoutaient les accents du poète, qui leur détaillait les merveilles du firmament, en leur faisant admirer la marche régulière et continue des astres, qui roulent dans l'espace infini.
Tout à coup l'horizon s'obscurcit, des nuages épais étendent leurs voiles sur lui, un vent impétueux se met à souffler et à secouer les arbres, tandis que voltigent, autour de la tête du Barde des oiseaux de nuit. Un orage sinistre semble s'avancer, car les chiens hurlent sur la montagne.

Alors Cervorix s'écrie avec dédain :
"L'homme en tant que matière n'est que lourdes vapeurs et fétides exhalaisons. Son enveloppe corporelle comprime les élans de son âme et retient ses meilleurs instincts, ceux, par exemple, qui lui commandent de quitter la terre pour une demeure plus fortunée. Qu'est-ce que la vie ? Rien ! Ce n'est pas le moment passé, celui qui va passer, mais le bon emploi du temps, qui est chose importante !
Enfants de la Celtique, vivez en paix, songez à l'éternité et dites à tous que vous avez vu et connu le Barde Cervorix."


Ayant ainsi parlé, il brisa sa lyre et des hauts du rocher sur lequel il se trouvait, il se précipita dans les flots. C'est pour perpétuer sa mémoire, que les Druides nomment cette chute d'eau le Saut de Cervorix devenu le Saut de la Cervèze par corruption du célèbre Barde.
Le lendemain de ce triste jour un immense bûcher orné de fleurs et couvert d'aromates fut dressé près d'un dolmen et à l'heure de minuit, au moment où les sept étoiles de la Grande Ourse se reflétaient sur la surface de l'eau que contenaient sept troux de la table de l'autel Druidique, deux ministres d'Esus levant les mains au ciel, mirent le feu au bûcher, après avoir adressé au Dieu une sincère prière.

Les Druides, la Druidesse, une jeune vierge et un Barde firent le tour du bûcher ; l'un des Druides jeta une coupe d'ambre, l'autre une lyre d'ivoire, la Druidesse son voile, la jeune fille une mèche de ses blonds cheveux, enfin le Barde, sa saie blanche comme le lys de la vallée.
"Pleurez cette mort, dirent au peuple les Druides, on l'a accordée à votre amour ; mais chantez à jamais le trait de courage et de dévouement du Barde Cervorix !"

Après la cérémonie de l'incinération, les cendres du Barde furent mises dans une urne en verre de couleur, sur laquelle avait été emaillée cette inscription :
"Mortel ! Apprends d'où tu viens, où tu vas, regarde cette poussière. Elle fut ce que tu es, tu seras ce qu'elle est."

Telle est l'origine du monde de la chute d'eau de la vallée de la Grosne.
mus

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MessageSujet: Re: CELTES...   Ven 25 Fév - 1:28

Hi! Chouette! je viens de trouver ça sur ton site:

Citation :
Les menhirs de Carnac en Bretagne se mettent à tourner 3 fois sur eux mêmes avant d'aller se baigner dans l'océan. Un malin bien renseigné sur les trésors enfouis sous ces pierres attend que l'une de celles-ci se déplace pour descendre dans le trou.

J'ai une légende Bretonne à propos de déplacements des menhirs! la voici!

Les Menhirs de Lagatjar

Ewen, un simple travailleur n'avait pas grande fortune.
Et comme il était tombé amoureux de la fille d'un marchand qui habitait Camaret, Ewen était prêt à tout pour rendre la belle marie-Jeanne heureuse!
Un beau jour, un compère lui proposa une affaire.
Ewen aurait dû se méfier, car l'homme , nommé Jakez, était un colporteur doté d'une bien mauvaise réputation...Ewen n'avait jamais su choisir ses amis!...Mais revenons-en aux faits:
Jakez qui avait abusé de la crédulité du curé , avait découvert dans les archives de la paroisse, le secret du "Grand Jour des Pierres":
Tous les cents ans, les menhirs de Lagatjar se déplaçaient pour aller s'abreuver dans la mer et pendant leur absence, on pouvait aisément s'emparer des trésors qu'ils cachaient à leurs pieds.
Il fallait juste filer avant que les menhirs ne regagnent leur place!
Et justement, selon Jakez, ce fameux jour devait être à la fin de cette semaine.
Lui et Ewen décidèrent donc de se retrouver le jour-dit, aux pierres de Lagatjar.
jakez s'était toute fois bien gardé de dire à Ewen que si l'on voulait profiter de ces trésors, il fallait les échanger contre une âme chrétienne...et celle de Ewen convenait parfaitement!...héhé!
Jakez avait également pris avec lui un trèfle à 5 feuilles qui devrait le protéger des démons!.

Le jour venu, nos 2 compères se retrouvèrent sur les lieux, quand les 12 coups de minuit sonnèrent!
La lune était pleine, et soudain, le sol se mit à trembler, les pierres sortirent de la terre dans un grondement inquiétant, et, s'élevant dans les airs, elles rejoignèrent la mer.
Ewen et Jakez se précipitèrent vers les trous pour amasser tous les trésors.
Mais voici que déjà, les menhirs étaient de retour, et les 2 hommes s'enfuirent, mais Ewen, terrorisé et tremblant tomba à genoux et se mit à prier!
Jakez, lui, s'était arreté, portant sur lui le fameux trèfle qui devrait le protéger!..
Mais lorsqu'il fouilla ses poches en quête de son talisman, il ne trouva rien! paniqué, il prit la fuite, mais dans sa panique, il tomba dans un trou, et avant qu'il ne puisse se relever, l'une des pierres reprit sa place et écrasa Jakez dans un craquement sinistre!..

Ewen, après un long moment d'attente et de prières, releva enfin la tête.
Les pierres avaient toutes regagné leur place.
Ewen s'éloigna au plus vite.
Les menhirs l'avaient épargné sans doute à cause de son innocence, dit-on!
Il possédait désormais un grande fortune, et épousa Marie-Jeanne.

Depuis cette tragique histoire, on appela cet endroit...:
"Le jardin de l'Ankou!"
(légende recueillie dans le livre "L'ankou, voyage au pays des morts"
chez Albin Michel, par Dieter.)


aaaah! l' Ankou! :cyne: la grande faucheuse de Bretagne!
Rendez-vous bientôt dans la rubrique Myhte, à ce propos!! ouc

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MessageSujet: L' ANKOU!   Lun 28 Fév - 2:00

Bon, voici l'une des nombreuses légendes sur l'Ankou!
La grande faucheuse des Bretons! :cyne:

La mort invitée à un repas

Ceci se passait au temps où les riches n'étaient pas trop fiers et savaient user de leur richesse pour donner quelquefois un peu de bonheur au pauvre monde. 

En vérité, ceci est passé depuis bien longtemps. Laou ar braz était le plus grand propriétaire paysan qui fût à Pleyber-Christ. Quand on tuait chez lui, soit un cochon, soit une vache, c'était toujours un samedi. Le lendemain, dimanche, Laou venait au bourg, à la messe matinale. La messe terminée, le secrétaire de mairie faisait son prône, du haut des marches du cimetière, lisait aux gens assemblés sur la place les nouvelles lois ou publiait, au nom du notaire, les ventes qui devaient avoir lieu dans la semaine.

"A mon tour !" criait Laou, lorsque le secrétaire de mairie en avait fini avec ses paperasses. 
"Ca ! disait-il, le plus gros cochon de Kéresper vient de mourir d'un coup de couteau. Je vous invite à la fête du boudin. Grands et petits, jeunes et vieux, bourgeois et journaliers, venez tous ! La maison est vaste : et à défaut de la maison, il y a la grange ; et à défaut de la grange, il y a l'aire à battre."

Vous pensez si, quand paraissait Laou bras sur la croix, il y avait foule pour l'entendre ! C'était à qui ramasserait les paroles de sa bouche. On assiégeait les marches du calvaire.

Donc c'était un dimanche, à l'issue de la messe. Laou lançait à l'alligrapp (à l'attrape qui pourra) son annuelle invitation : "Venez tous ! répétait-il, venez tous !" A voir les têtes massées autour de lui, on eût dit un vrai tas de pommes, de grosses pommes rouges, tant la joie éclatait sur les visages. "N'oubliez pas, c'est pour mardi prochain", insistait Laou.

Les morts étaient là sous terre. On piétinait leurs tombes. Mais en ce moment-ci qui donc s'en souciait ? Comme la foule commençait à se disperser, une petite voix cassée interpella Laou ar Braz. 
"Me iellou ive ?" (irais-je aussi moi ?)
"Damné soit-je ! s'écria laou, puisque je vous invite tous c'est qu'il n'y aura personne de trop."

La joyeuse perspective d'un grand repas à Keresper fit que beaucoup de gens se soûlèrent ce dimanche là, que pas mal d'autres se soûlèrent encore le lundi, pour mieux fêter le lendemain la mort du prince (l'un des sobriquets du cochon). Dès le mardi matin, ce fut une interminable procession dans la direction de Keresper. Les plus aisés suivaient la route en chars à bancs ; les mendiants s'acheminaient, par les sentiers de traverse, sur leur béquille. Chacun était déjà attablé devant une assiette pleine, lorsqu'un invité tardif se présenta. Il avait l'air d'un misérable. Sa souquenille de vieille toile, toute en loques, était collée à sa peau et sentait le pourri.

Laou ar Braz vint au-devant de lui et lui fit faire une place. L'homme s'assit, mais ne toucha que du bout des dents aux mets qu'on lui servait. Il s'obstinait à garder la tête baissée et, malgré les efforts de ses voisins pour entrer en conversation avec lui, il ne desserra pas les lèvres, de tout le repas. Personne ne le connaissait. Des anciens lui trouvaient la mine de quelqu'un qu'ils avaient connu naguère, mais qui était mort, voici beau temps. Le repas prit fin. Les femmes sortirent pour jacasser entre elles, les hommes pour allumer une pipée. Tout le monde était en joie.

Laou se posta à la porte de la grange où avait eu lieu le festin, afin de recevoir le trugaré, le merci de chacun. Force gens bredouillaient et titubaient. Laou se frottait les mains. Il aimait bien qu'on s'en allât de chez lui plein jusqu'à la gorge.

"Bien ! dit-il, il y aura, ce soir , dans les douves des chemins aux abords de Kéresper des pissées aussi grosses que des ruisseaux." Il était enchanté de lui, de ses cuisinières, de ses tonneaux de cidre et de ses convives. Soudain il s'aperçu qu'il y avait encore quelqu'un à table. C'était l'homme à la souquenille de vieille toile.

"Ne te presse pas, dit Laou en s'approchant de lui. Tu étais le dernierarrivé ; il est juste que tu sois le dernier parti, Mais ajouta-t-il, tu risques de t'endormir devant une assiette et un verre vide."

L'homme avait, en effet retourné son assiette et son verre. En entendant les paroles de Laou, il leva lentement la tête. Et Laou vit que cette tête était une tête de mort. L'homme se mit sur pied, secoua ses haillons qui s 'éparpillèrent à terre, et Laou vit qu'à chaque haillon était accroché un lambeau de chair pourri. L'odeur qui s'en exhalait, et aussi la peur, le prit à la gorge. Laou retint son haleine pour n'aspirer point cette pourriture et demanda au squelette : "Qui es-tu et que veux-tu de moi ?"

Le squelette, dont les os se voyaient maintenant à nu comme les branches d'un arbre dépouillé de ses feuilles, s'avança jusqu'à Laou et, lui posant sur l'épaule une main décharnée, lui dit :
"Trugaré, Laou ! Quand je t'ai demandé au cimetière, si je pouvais venir aussi, tu m'as répondu qu'il n'y aurait personne de trop. Tu t'avises un peu trop tard de t'informer qui je suis. C'est moi qu'on nomme l'Ankou (la mort). Comme tu as été gentil pour moi, en m'invitant au même titre que les autres, j'ai voulu te donner à mon tour une preuve d'amitié, en te prévenant qu'il ne te reste pas plus de huit jours pour mettre tes affaires en règle. Dans huit jours je repasserais par ici en voiture, et, que tu sois prêt ou non, j'ai mission de t'emmener. Donc, à mardi prochain ! Le repas que je te ferais servir ne vaudra peut-être pas le tien, mais la compagnie sera encore plus nombreuse. " A ces mots, l'Ankou disparut. 

Laou ar Braz passa la semaine à faire le partage de ses biens entre ses enfants ; le dimanche, à l'issue de la messe, il se confessa ; le lundi, il se fit apporter la communion par le recteur de Pleyber-Christ et ses deux acolytes ; le mardi soir, il mourut. Sa largesse lui avait valu de faire une bonne mort.

ouc

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MessageSujet: Légendes bretonnes   Dim 13 Mar - 3:20

Bonjour Béa,

Tes légendes bretonnes vont être ajoutées à mon site.

PS : Connaissant certaines personnes en Suisse et au Canada, je vais faire la publicité de ce forum. Il faut toujours un certain temps pour que les gens "accrochent".

Bon week-end.

Michel
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MessageSujet: Re: CELTES...   Dim 13 Mar - 10:28

Aaaah! je suis contente d'apporter de l'eau au moulin!
Oui, de mon côté aussi, je n'ai pas eu l'occasion d'en parler à mes collègues... ...contre-temps "santé"!... mais je me rattrape ce mardi!

Tiens, voici un Conte Irlandais! j'espère qu'il te plaira!

GANTELET LE BOSSU

Le pauvre Gantelet (nommé ainsi parce qu'il accrochait toujours à son petit chapeau de paille un brin de campanule, ou gant de bergère) souffrait doublement de son infirmité car les paysans alentour avaient peur de son aspect un peu monstrueux et le tenaient en quarantaine. Sa bosse était gigantesque, on aurait dit que son corps était roulé en boule et placé sur ces épaules, pesant tellement sur sa tête que lorsqu'il était assis il devait appuyer le menton sur ses genoux. Quelques ignorants des environs racontaient même à son sujet des histoires bizarres, mais ce n'était probablement que de l'envie, car Gantelet était un artisan fort doué pour tresser la paille et le jonc dont il faisait des paniers et des chapeaux si beaux qu'ils se vendaient plus cher que tous les autres.

Un soir que Gantelet revenait de Cahir, une jolie petite ville, et regagnait sa demeure, il s'assit un moment près des anciens fossés de Knockgrafton pour soulager sa lassitude. C'est alors qu'il entendit monter des douves une musique fort belle, mais qui semblait d'un autre monde, une mélodie si prenante que le bossu écouta de toutes ses oreilles jusqu'à être lassé de l'entendre répéter. Au bout d'un temps, la musique s'arrêta.
Alors Gantelet se mit à chanter le même air, de plus en plus fort, et il s'entendit accompagner par des voix qui venaient de plus bas.

Les elfes furent enchantés des variations qu'il apportait à leur chant, ils décidèrent sur-le-champ d'attirer en leur compagnie ce mortel mieux doué qu'eux-mêmes pour la musique et un tourbillon transporta en un clin d'oeil le petit Gantelet parmi eux. Les esprits, ravis, rendirent un juste hommage au talent du bossu, qu'ils mirent au-dessus de tous leurs musiciens, ils lui firent fête et honneur comme s'il était le premier personnage du royaume.
Quelque temps après Gantelet remarqua un jour que les elfes étaient en grande consultation autour de lui, ce qui ne manqua pas de l'alarmer, mais un des esprits se détacha des autres et lui dit :

"Gantelet à la voix d'or !
Ne doute pas, ni ne déplore,
Car la bosse que jusqu'alors
Ton dos croyait porter encore
Est à tes pieds, et donc d'abord
Regarde-la, Gantelet d'or !"


Gantelet se sentit soudain plus léger que d'habitude, et il fut pris d'une telle exaltation qu'il aurait pu sauter d'un bond jusqu'à la lune.
Il regarda autour de lui, émerveillé ; pour la première fois de sa vie il pouvait lever la tête, et tout lui semblait de plus en plus beau. Subjugué par la spendeur qui s'offrait à ses yeux, la tête lui tourna et sa vision se troubla. Il tomba alors dans un profond sommeil. Quand il en sortit, bien plus tard, ce n'était plus le même homme. Vêtu d'un habit flambant neuf dont les esprits avaient dû lui faire présent, il vit qu'il était devenu désormais un petit jeune homme bien troussé.

A quelque temps de là, quand l'histoire de sa bosse se fut répandue dans la campagne environnante, une vieille femme vint frapper chez lui pour demander les détails de sa "guérison", à l'intention du fils d'une de ses amies, lequel était bossu aussi. Gantelet, de caractère aimable et confiant, ne se fit pas prier pour décrire son aventure. La femme lui fit mille remerciements et s'en retourna chez elle. Elle rapporta à son amie le récit de Gantelet et elles se mirent en route avec le bossu vers l'ancien fossé de Knockgrafton. Or ce bossu, il s'appelait Jack Follin, était depuis sa naissance un être geignard, irritable et plein de ruse.

Quand il entendit la musique des fées il fut si pressé de se débarrasser de sa bosse qu'il ne pensa pas un instant qu'il devait attendre le bon moment pour essayer une variation, ni même se soucier de bien chanter. Il interrompit sans vergogne la musique des elfes avec ses braillements, pensant que là où il en est passé un, deux passeront mieux, et que si Gantelet avait reçu un habit neuf, on lui en donnerait deux.
Un tel comportement provoqua la colère des esprits. Ils traînèrent violemment Jack Follin au fond de la douve et l'entourèrent avec force cris et hurlements. L'un deux se détacha et lui dit :

"Jack Follin, Jack Follin !
Si mal venus tes mots
Dans nos chants si joyeux
Qu'en ce château ruiné
Ta vie sera plus dure -
Voilà deux bosses pour Jack Follin !"


Et alors vingt des elfes les plus robustes fixèrent la bosse de Gantelet par-dessus la sienne, aussi fermement que si des maîtres charpentiers l'avaient clouée avec des clous en or.
Puis les esprits boutèrent l'infortuné hors de leur demeure à grands coups de pieds. Au matin les deux femmes le trouvèrent à demi mort, les deux bosses sur le dos. Il va sans dire que le voyage de retour, alourdi qu'il était d'un poids énorme, eut raison de ses forces.
:tiluti: :tiluti:

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MessageSujet: Re: CELTES...   Dim 13 Mar - 12:16

Béa a écrit:
Aaaah! je suis contente d'apporter de l'eau au moulin!
Oui, de mon côté aussi, je n'ai pas eu l'occasion d'en parler à mes collègues... ...contre-temps "santé"!... mais je me rattrape ce mardi!

Salut Béa,

Très beau conte irlandais mais qui faisait déjà partie de ma collection sur la page des contes celtiques.

Ce qui est amusant, c'est que cette histoire, avec de légères variations, se retrouve dans la tradition de pas mal de régions. Je suis certains d'avoir déjà lu un récit similaire ailleurs. Je vais essayer de me souvenir où.

Bien souvent, les contes voyagent et sont adaptés à la culture de ceux qui l'empruntent.

Bon dimanche
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MessageSujet: Re: CELTES...   Mar 15 Mar - 23:50

Oups! pardon! je n'ai pas encore tout lu! Je suis un peu partout à la fois!.. :tiluti:

Cela dit, tu as raison de souligner qu'un seul et même Conte voyage et se transforme au gré du souffle du Conteur qui le rapporte!
"La Chèvre d'Or", par exemple, est l'une des légendes qui a beaucoup de versions! J'ai découvert que plusieurs régions ont "leur" Chèvre d'Or!

D'ailleurs, en Belgique, je crois qu'elle et très populaire!
Chez moi, dans le Sud de la France, c'est celle des Baux-de-Provence!
Je la rapporterai tantôt!

Rien que le "Petit Chaperon Rouge", par exemple, a connu plusieurs versions bien plus édulcorées que celle d'origine, qui était bien plus "sanglante" et vraiment initiatique!
Les versions les plus rapportées sont celles de Grimm et de Perrault..
Mais l'origine du Petit Chaperon Rouge nous vient de Chine.

Aaaah! que de voyages!!!:tagad:

A très bientôt! je repars sur le web, glaner quelques Contes!

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MessageSujet: Re: CELTES...   Ven 2 Fév - 0:08

Petit mot à propos des contes et légendes en général.
Autrefois, les contes avaient la grande utilité de perpétuer la tradition.
Les personnes ou les enfants qui écoutaient des légendes n'avaient comme référence que la voix du conteur et sa manière d'interpréter ces contes.Pas d'image ou de représentation quelconque dans ces récits oraux.
L'auditeur devait lui-même faire fonctionner son imagination pour se représenter les personnages ou monstres qui intervenaient dans le conte.
Il y avait donc toute une démarche de l'auditeur qui s'impliquait en intériorisant l'histoire qu'il recevait.
Ce qui signifie que sa mémoire était beaucoup plus affutée et que s'il en avait envie, il pouvait transmettre ce "savoir" à d'autres et le faire évoluer à son tour.
Je n'ai rien contre les dessins animés ou les films actuels mais au niveau éducatif, ou niveau du développment personnel, je trouve que cela est beaucoup moins riche que les contes et légendes.
Amis conteurs, surtout continuez à restituer cette tradition !
Et merci à toi Béa d'avoir créé ce site !
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MessageSujet: Re: CELTES...   Ven 2 Fév - 12:29

pa Haaaaa! merci à toi d'être passé dans notre "Arbre à Contes"!
Et tes dires sont totalement exacts!!

La tradition Orale est effectivement la plus chère qu'il nous soit, à nous autres, conteurs, et aux Oreilles qui reçoivent!
Nous avons d'ailleurs un gros travail à fournir lorsque nous nous basons sur l'écrit.
Au-delà du Conte écrit, je vais chercher bien au-delà:
par exemple, je fais souvent des recherches sur l'histoire en général de la région d'origine.
S'imprégner d'un peuple, pour avoir de solides appuis, même s'ils ne sont pas rendus oralement lors du Conte.
Les mots, la transmission sonnera plus juste, plus authentique.
C'est ainsi que pour les Contes Celtes, par exemple, je suis venue à la Musique, autre langage non négligeable qui est de plus, l'un de mes atouts...ce serait bête de ne pas s'en servir! mus

Pour le spectacle Médiéval que je prépare, j'ai lu quelques bouquins historiques qu'un Prof m'a prêtés, pour savoir mieux restituer le contexte.
Pas toujours besoin des mots, d'ailleurs, ...mais juste une ambiance, un ressenti qui ressort lors du conte. ... des appuis quoi, c'est bien ainsi que les nomme.

Bref, pour te rejoindre dans tes dires, oui, c'est vrai de vrai, le Conte Oral fait son chemin dans les mémoires et dans le Temps!
c'est sa Vie, sa Magie...

"heureux celui ou celle qui écoute les contes, et les conte à son tour"
(Pierre Dubois)

Merci Rakaniac! à bientôt. mus

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MessageSujet: Re: CELTES...   Ven 2 Fév - 21:30

C'est vraiment un plaisir d'échanger avec toi Béa !
Ce qui me déplait dans le monde où nous vivons, c'est la fuite en avant, la précipitation vers le futur et vers la technologie...comme si notre passé n'avait jamais existé.
je ne suis pas passéiste, je sais que nous sommes au 21 ème siècle.
Sans cette technologie, je ne serais pas en train d'écrire sur ce forum virtuel.
Mais vouloir tout balayer d'un revers de main alors que tout ce qui est actuel est le produit d'une lente évolution ça m'énerve !
Je me suis passionné pour le celtique au départ, simplement parce que la musique me plaisait.
Mais en approfondissant, cette recherche de musique traditionnelle m'a ouvert l'esprit dans un tas de domaines très divers.
En fait cette passion musicale est un moyen d'appréhender la connaissance.

Je pense qu'il en va de même pour les contes qui sont un autre moyen de découvrir le monde et les humains.

Ca me fait plaisir de voir à quel point tu t'investis pour "intégrer" l'ambiance d'un conte en te renseignant sur la région d'où il provient et sur les habitants de l'endroit.

Autre exemple, en Bretagne et au Pays de Galles, cela fait de nombreuses années que le druidisme a été remis au goût du jour.
Il ne s'agit pas pour ces gens de faire une secte ou de créer une nouvelle religion mais bien de vivre en harmonie avec la nature et la tradition.

Je crois que nos échanges ne font que commencer...et c'est réjouissant !
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MessageSujet: Re: CELTES...   Ven 2 Fév - 22:52

gandf ...et bien, je rebondis sur ta toute dernière phrase!... tchintchi
j'ai également rencontré la Tradition des druides depuis 2 ans à présent.
Et ce fut un véritable soulagement de la Rencontrer, et même plus!
Nous pourrons en parler en d'autre temps, si tu veux bien!
d' ailleurs, je vais de ce pas laisser un petit résumé de cette douce et chaleureuse fête qu'est celle d'Imbolc... ou Chandeleur pour la majorité.


Pour en revenir aux Contes, et même à la Musique, ce sont deux grandes richesses qui en effet, rapportent la mémoire d'une civilisation...c'est sans doute pour cela qu'ils ou elles sont si touchants et émouvants
Sans doute aussi pour cela que Contes et Musique nous portent dans l'imaginaire... quoiqu'imaginaire n'est plus vraiment le mot exact.
J'ai parfois pensé qu'il s'agissait d'une grande Mémoire, un héritage, qui est là, malgré tout, malgré nous.

Oui, la société actuelle me fait peur aussi. je la vois vouloir aller plus vite que le temps, et j'ai la sensation d'une dégringolade.
...mais j'ai aussi Espoir aux Traditions, qui malgré tout, reviennent peu à peu...

à suivre! flow

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