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 Contes Courts...

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Faenor
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MessageSujet: Contes Courts...   Mer 10 Oct - 10:43

flow comme je suis actuellement à la recherche de contes courts pour un travail spécifique en Atelier, j'ai donc ouvert ce post, en espérant qu'il vous soit utile un jour ou l'autre, ...et surtout, pour le délice de la découverte des contes!
Bien à vous. tchintchi

L'OISEAU PLEUREUR

Deux frères vivaient ensemble. Depuis longtemps, ils avaient enterré leur père et, à part l'un l'autre, ils n'avaient personne au monde.
Ils s'aidaient mutuellement, et vivaient dans l'affection et la bonne entente fraternelle.
Ils gagnaient pauvrement leur vie en allant à la pêche. Chaque matin, dès que pointait le jour, ils prenaient leurs filets et allaient en mer.
Parfois, lorsqu'il leur arrivait de prendre un poisson particulièrement beau, ils ne le vendaient pas, mais le rapportaient chez eux, le faisaient cuire et le mangeaient.
L'aîné, qui avait compassion de son cadet, mettait toujours sur l'assiette de
son frère le corps du poisson entier, ne gardant pour lui que la tête.
Le plus jeune, constatant la répétition du fait, hocha un jour la tête en se demandant pourquoi son aîné ne le laissait pas goûter lui aussi à la tête.
« Serait-ce un morceau particulièrement délicat », se demandait-il.
« Est-ce pour cela que mon frère se le garde toujours ? »
Et ainsi prit naissance dans son coeur un sentiment de haine pour son frère aîné.

Et un jour qu'ils avaient pris place dans leur barque pour aller en haute mer, le plus jeune profita de ce que l'aîné, le dos tourné, se penchait hors de la barque, pour le pousser à l'eau !
« Et maintenant, je pourrai me régaler moi aussi des têtes de poisson !»
se dit le plus jeune en se frottant les mains. Il rapporta le produit de la pêche à la maison, fit frire le plus beau poisson, et se mit tout de suite à attaquer la tête. Mais quoi ? Sur cette tête, il n'y avait pour ainsi dire rien à manger.
Rien que des grosses arêtes comme des os, et pour les joues, elles n'avaient pas un goût particulier.
Ce n'est qu'alors que le cadet comprit que son grand frère l'aimait tant qu'il lui laissait toujours le meilleur, et ne lui donnait jamais la tête qui ne valait rien.

Il pleura amèrement, et courut vers la mer, qui s'étendait là, sombre et triste.
- Frère, ô mon pauvre frère, où es-tu ? criait le cadet, bien malheureux, mais personne ne lui répondit. Seule la mer mugissait, et les vagues se soulevaient.

C'est en vain que le cadet appela son aîné, personne ne lui répondit. Pour
finir, il se décida à aller chercher son frère au fond de la mer. Il sauta à
l'eau, et la surface des flots se referma sur lui pour toujours. Plus personne
ne l'a jamais revu, depuis lors.
On raconte qu'il s'est noyé, et que son âme s'est changée en l'esprit de
l'oiseau pleureur qui fait interminablement des cercles en planant au-dessus de la mer, et en pleurant désespérément son frère perdu.

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MessageSujet: Re: Contes Courts...   Mer 10 Oct - 10:44

LA TRAVERSÉE DU FLEUVE (Conte du Niger)

Trois hommes cheminaient à travers la brousse.
Ils se dirigeaint vers le fleuve qu’ils comptaient traverser avant la nuit.

Le premier portait un sabre, le second un arc et des flèches. le troisième n’était pas armé.
c’était un homme humble qui portait autour de la tête un long turban de couleur blanche.
Arrivés au bord du fleuve, les trois hommes furent surpris par sa largeur.

- comment allons-nous parvenir çà le franchir? interrogea l’un d’eux.
- que chacun fasse de son mieux, déclara celui qui portait un sabre.Retrouvons-nous sur l’autre rive.

Il s’approcha alors de l’eau, leva ses bras musclés, et frappa le fleuve avec son sabre.
Les eaux s’entrouvrirent et il traversa rapidement tandis que le passage se refermait derrière lui.
Arrivé sur la rive opposée, il se retourna et interpella ses compagnons.
- faites comme moi, leur dit-il.

Le deuxième homme prit son arc et visa un arbre au-delà du fleuve.
Il était très adroit et y planta une flèche du premier coup.
Puis il tira rapidement toutes celles que contenait son carquois. Les flèches s’enfilèrent les unes dans les autres ,et finirent par constituer un pont fragile au-dessus du fleuve.
Le deuxième homme l’emprunta et put ainsi traverser à son tour.
- fais comme nous, crièrent les deux premiers hommes à leur compagnon qui se trouvait encore
de l’autre côté du fleuve.

Le troisième homme déroule lentement son turban. Il fit un noeud coulant et lança son turban qui alla s’accrocher à un arbre sur la rive opposée. Et il traversa, lui aussi.

Les trois hommes étaient à nouveau réunis; ils échangèrent alors un sourire sans rien dire avant de se séparer.

La vie n’est-elle pas un fleuve que chacun traverse à sa façon?...

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MessageSujet: Re: Contes Courts...   Mer 10 Oct - 10:47

La mère des contes

Où sont donc nés les contes, et pourquoi, et comment ? Une femme l'a su, aux premiers temps du monde. Qui l'a dit à la femme ? L'enfant qu'elle portait dans son ventre. Qui l'a dit à l'enfant ? Le silence de Dieu. Qui l'a dit au silence ?

Il était pour la première fois, dans la grande forêt des premiers temps, un rude bûcheron et son épouse triste. Ils vivaient pauvrement dans une maison basse, au cœur d'une clairière. Ils n'avaient pour voisins que des bêtes sauvages et ne voyaient passer, dehors, par la lucarne, que vents, pluies et soleils. Mais ce n'était pas la monotonie des jours qui attristait la femme de cet homme des bois et la faisait pleurer, seule, dans sa cuisine. De cela elle se serait accommodée, bon an, mal an. Hélas, en vérité, son mari avait l'âme aussi broussailleuse que la barbe et la tignasse. C'était cela qui la tourneboulait. Caressant, il l'était comme un buisson d'épines, et quand il embrassait en grognant sa compagne, ce n'était qu'après l'avoir battue. Tous les soirs il faisait ainsi, dès son retour de la forêt. Il poussait la porte d'un coup d'épaule, empoignait un lourd bâton de chêne, retroussait sa manche droite, s'approchait de sa femme qui tremblait dans un coin, et la rossait. C'était là sa façon de lui dire bonsoir.

Passèrent mille jours, mille nuits, mille roustes. L'épouse supporta sans un mot de révolte les coups qui lui pleuvaient chaque soir sur le dos. Vint une aube d'été sur la clairière. Ce matin-là, comme elle regardait son homme s'éloigner sous les grands arbres, sa hache en bandoulière, elle posa les mains sur ses hanches et pour la première fois depuis le jour de ses épousailles elle sourit. Elle venait à l'instant de sentir une vie nouvelle bouger là, dans son ventre. "Un enfant !" pensa-t-elle, tremblante, émerveillée. Mais son bonheur fut bref, car lui vint aussitôt plus d'épouvante qu'elle n'en avait jamais enduré. "Misère, se dit-elle, qui le protégera si mon mari me bat encore ? En me cognant dessus, il risque de l'atteindre. Il le tuera peut-être avant qu'il ne soit né. Comment sauver sa vie ? En n'étant plus battue. Mais comment, Seigneur, ne plus être battue ?" Elle réfléchit à cela tout au long du jour avec tant de souci, de force et d'amour neuf pour son fils à venir qu'au soir elle sentit germer une lumière.

Elle guetta son homme. Au crépuscule il s'en revint, comme à son habitude. Il prit son gros bâton, grogna, leva son bras noueux. Alors elle lui dit :
– Attends, mon maître, attends ! J'ai appris aujourd'hui une histoire. Elle est belle. Écoute-la d'abord, tu me battras après.
Elle ne savait rien de ce qu'elle allait dire, mais un conte lui vint. Ce fut comme une source innocente et rieuse. Et l'homme demeura devant elle captif, si pantois et content qu'il oublia d'abattre son bâton sur le dos de sa femme. Toute la nuit elle parla. Toute la nuit il l'écouta, les yeux écarquillés, sans remuer d'un poil. Et quand le jour nouveau éclaira la lucarne, elle se tut enfin. Alors il poussa un soupir, vit l'aube, prit sa hache et s'en fut au travail.

Au soir gris, il revint. Elle l'entendit pousser la porte à grand fracas. Elle courut à lui.
– Attends, mon maître, attends ! Il faut que je te dise une nouvelle histoire. Écoute-la d'abord, tu me battras après !

A l'instant même un conte neuf naquit de sa bouche surprise. Comme la nuit passée son époux l'écouta, l'œil rond, le poing tenu en l'air par un fil invisible. Le temps parut passer comme un souffle. A l'aube elle se tut. Il vit le jour, se dit qu'il lui fallait partir pour la forêt, prit sa hache, et s'en alla.

Et quand le soir tomba vint encore une histoire. Neuf mois, toutes les nuits, cette femme conta pour protéger la vie qu'elle portait dans le ventre. Et quand l'enfant fut né, l'homme connut l'amour. Et quand l'amour fut né, les contes des neuf mois envahirent la terre. Bénie soit cette mère qui les a mis au monde. Sans elle les bâtons auraient seuls la parole.

Henri Gougaud, L'arbre d'amour et de sagesse, 1992.

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MessageSujet: Re: Contes Courts...   Mer 10 Oct - 11:04

Un Conte Zen!!! flow

La Femme de Glace.

Il était une fois...un jeune-homme seul.
Il vivait dans une pauvre cabane, sans ami ni parentèle.
Un matin d'hiver, il observait les stalactites qui se formaient au bord du toit, gouttes de cristal étincelant dans le soleil; il s'écria alors:
- j'aimerais que le ciel m'envoie une épouse qui eût la blancheur irisée, la merveilleuse beauté de la glace!.

Ce soir-là, quelqu'un frappe à sa porte.
- qui est là?
- je suis la jeune)fille que vous avez réclamée ce matin au ciel. je viens m'offrir à vous comme épouse.

Le jeune-homme, intrigué, ouvrit la porte aussitôt. Sur le seuil se tenait une jeune femme très belle, ses mains étaient d'opaline, ses joues nacrées scintillaient sous la lune.
- Entrez! dit-il , séduit.

Quand la jeune-femme fut installée dans la cuisine, il l'interrogea:
- êtes-vous bien décidée à m'épouser? Je suis pauvre, je loue mes services à qui veut bien m'employer. Je suis un mauvais parti, et vous êtes si belle!

Elle répondit qu'elle savait tout cela, ey que, s'il voulait bien l'accepter, elle resterait dans sa maison avec lui.

Ils se marièrent et vécurent toute une année dans une harmonie parfaite.
Un jour, l'un de leurs voisins qui étaient un homme serviable et courtois, les invita à une fête d'anniversaire; il leur proposa d'utiliser à cette occasion, le bain chaud qu'il venait de faire installer chez lui, et dont il était très fier!
La femme refusa, prétextant qu'elle craignait l'eau chaude par dessus tout!!
...mais son jeun mari insista:
- nous ne pouvons offenser notre hôte, un voisin si aimable!

Alors, elle céda.
Le soir du bain, le mari, ne la voyant pas revenir, s'inquiéta.
il alla la chercher.... mais à sa place, il ne trouva que deux rubans bleus et un peigne d'écaille qui flottaient sur l'eau.
...la femme de glace avait fondu.


... ce qui EST est... pa

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MessageSujet: Re: Contes Courts...   Mer 10 Oct - 11:14

L'enfant de la plage

Un homme se baladait un jour sur une plage.
C'était la marée basse et la plage était couverte de millions d'étoiles de mer qui séchaient au soleil.
Tout à coup, l'homme aperçoit un enfant qui ramasse des etoiles de mer et les remets à l'eau.

- mais que fais-tu là mon bonhomme? demande l'adulte
- je sauve les étoiles de mer! répond l'enfant!
- c'est ridicule, regarde autour de toi! des millions d'étoiles sont entrain de mourir au soleil, déjà! Tu ne pourras jamais toutes les sauver, et ce que tu fais ne change rien!"

Imperturbable, l'enfant ramasse encore une étoile qui gigote et la pose dans l'eau, puis dit à l'homme:

- regardez celle-là! Pour elle, ce que j'ai fait change tout!...


papillon

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MessageSujet: Re: Contes Courts...   Mer 10 Oct - 11:17

L'ARBRE A SOUCIS

Un jour, j'ai retenu les services d'un menuisier pour m'aider à restaurer ma vieille grange. Après avoir terminé une dure journée au cours de laquelle une crevaison lui avait fait perdre une heure de travail, sa scie électrique avait rendu l'âme, et pour finir, au moment de rentrer chez lui, son vieux pick-up refusait de démarrer.

Je le reconduisis chez lui et il demeura froid et silencieux tout au long du trajet. Arrivé chez lui, il m'invita à rencontrer sa famille. Comme nous marchions le long de l'allée qui conduisait à la maison, il s'arrêta brièvement à un petit arbre, touchant le bout des branches de celui-ci de ses mains.

Lorsqu'il ouvrit la porte pour entrer chez lui, une étonnante transformation se produisit. Son visage devint rayonnant, il caressa ses deux enfants et embrassa sa femme.

Lorsqu'il me raccompagna à ma voiture, en passant près de l'arbre, la curiosité s'empara de moi et je lui demandai pourquoi il avait touché le bout des branches de cet arbre un peu plus tôt.

"C'est mon arbre à soucis," me répondit-il. "Je sais que je ne peux éviter les problèmes, les soucis et les embûches qui traversent mes journées, mais il y a une chose dont je suis certain, ceux-ci n'ont aucune place dans la maison avec ma femme et mes enfants. Alors, je les accroche à mon arbre à soucis tous les soirs lorsque je rentre à la maison. Et puis, je les reprends le matin".

"Ce qu'il y a de plus drôle", il sourit, "c'est que lorsque je sors de la maison le matin pour les reprendre, il y en a beaucoup moins que la veille lorsque je les avais accrochés.



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MessageSujet: Re: Contes Courts...   Mer 10 Oct - 11:19

tiluti encore du Zen!

Les portes de l'enfer et du paradis -

Un samouraï se présenta devant le maître Zen Hakuin et lui demanda :
- " Y a t-il réellement un paradis et un enfer ."
- " Qui es tu ?" demanda le maître
- "Je suis le samouraï …"
- "Toi, un guerrier ! s'exclama Hakuin. Mais regarde-toi. Quel seigneur voudrait t'avoir à son service ? Tu as l'air d'un mendiant."
La colère s'empara du samouraï. Il saisit son sabre et le dégaina. Hakuin poursuivit :
- " Ah bon, tu as même un sabre !? Mais tu es sûrement trop maladroit pour me couper la tête."
Hors de lui, le samouraï leva son sabre, prêt à frapper le maître. A ce moment celui-ci dit :
- " Ici s'ouvrent les portes de l'enfer."
Surpris par la tranquille assurance du moine, le samouraï rengaina et s'inclina.
- " Ici s'ouvrent les portes du paradis. ", lui dit alors le maître.

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MessageSujet: Re: Contes Courts...   Mer 10 Oct - 11:51

Le fil

Il y avait un homme qui était tombé dans les enfers du monde, et de quelque côté qu'il se tournât, il ne voyait que des occasions de souffrances.
Il chercha à trouver un compagnon pour adoucir sa solitude et sa misère, quelqu'un qui partagerait avec lui le désir et le voeu de s'échapper de ces lieux de tortures et d'esclavages, mais personne ne voulut répondre à son appel tant il avait été cruel.
Il chercha dans sa mémoire s'il navait pas aidé quelqu'un durant sa vie qui de ce fait lui serait redevable, et là non plus, il ne trouva personne.

Et cependant, en y pensant bien, il se souvint qu'un jour il avait évité d'écraser une araignée alors qu'elle se trouvait sous ses pieds.
Il implora cette araignée en lui rappelnt ce service qu'il lui avait rendu.

L'araignée entendit son appel. Elle lança un fil à travers le précipice qui mène jusque dans les enfers.
L'homme regarda le fil, puis constata que c'était une corde d'argent très solide; mais il ne voulut pas croire en une telle providence et se dit que ce devait être seulement un fil d'araignée trop fragile.
Il avait cependant une si grande envie de quitter ces lieux, qu'il tenta le tout pour le tout, et commença à grimper.
L'escalade était difficile, le fil glissant, il s'y aggripa de toutes ses forces.

Arrivé à mi-hauteur, il commença de voir la lumière du haut, et ne désira plus qu'y acceder au plus vite!
Mais il regarda ensuite en bas ces lieux horribles qui s'éloignaient de lui, et il vit une foule de gens qui grimpaient à sa suite.

La panique le saisit - la corde était tout juste assez solide pour lui! Elle allait certainement casser!
Ceux-là, ils n'avaient qu'à rester en Enfer! De quel droit pouvaient-ils le suivre? c'était Lui qui n'avait pas écrasé l'araignée, la corde n'était pas pour eux!!, elle n'était que pour lui!

...à ce moment précis, le fil céda très exactement à la hauteur de ses mains, et lui et tous les autres retombèrent dans leurs enfers.


version de Bruno de la Salle.
...on retrouve également ce conte dans les recueils des "Contes Zen".

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La baleine
Nain


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MessageSujet: Bonjour   Jeu 11 Oct - 21:48

Merci Faenor pour ces contes courts, j'en cherche toujours.
(J'ai eu aussi ton message au sujet de mes chanson sur le blog, mais pas le temps de trouver le temps pour te répondre. En tous cas, c'était très gentil ton petit mot)
Voici un conte, plutôt court, dont j'ai trouvé deux versions : j'adore la fin de la seconde!
Je ne vous oublie pas mais en ce moment... j'ai du pain sur la planche!
Bises à tous,
La baleine

Pangu crée le monde
(" Contes de Chine " Guillaume Olive – Ed : SYROS)

Au commencement, dans les temps très anciens où n’existaient ni le ciel, ni la terre, ni les montagnes, ni les oiseaux, ni les fleurs ; dans ces temps qui ont précédé les légendes, tout n’était qu’un immense chaos. Il n’y avait alors qu’un abîme béant, aucune forme ne pouvait être distinguée, dans ces ténèbres profondes et cette désolation infinie. En ces temps-là, l’univers était un œuf !

Le premier être du monde demeurait dans cet œuf, il s’appelait Pangu.
Depuis dix-huit mille ans, il y dormait, y grandissait lentement, et maintenant, il est sur le point de s’éveiller.
Il écarte d’abord ses bras gigantesques, puis, il détend ses jambes énormes, et, tout doucement, il ouvre les premiers yeux du monde !
Mais Pangu ne se sent pas à son aise : il est plongé dans l’obscurité la plus noire et n’a pas beaucoup de place pour bouger. Il est bien à l’étroit à l’intérieur de la coquille de l’œuf. Il a envie de s’étirer ! Alors, il déploie d’un coup son corps colossal, resté immobile depuis si longtemps, et sous le formidable effet de ce mouvement, l’œuf éclate dans un bruit de tonnerre. A cet instant, tous les éléments de l’univers, restés soudés depuis la nuit des temps, se disloquent !
A présent, Pangu se tient debout, et il sépare les éléments de l’univers : il met en bas les plus grands et les plus lourds, piétine les parties visqueuses et molles, et forme la terre. Puis il place en haut les particules transparentes pures et légères, pour constituer le ciel.
Mais la distance entre le ciel et la terre n’est pas suffisante ; les éléments du haut se mélange sans cesse aux éléments du bas et le ciel reste relié à la terre en différents endroits. Pangu veut les séparer à jamais et il utilise sa tête pour soutenir le ciel de toutes ses forces, tandis que ses pieds sont fermement posés sur la terre. Dès lors, Pangu grandit chaque jour de trois mètre et trente-trois centimètres. Le ciel s’élève donc chaque jour de trois mètres et trente-trois centimètres, et la distance qui le sépare de la terre augmente quotidiennement d’autant. Pangu tient un burin dans la main gauche et une hache dans la main droite. Partout où les éléments du haut se mêlent encore aux éléments du bas, partout où le ciel est encore relié à la terre, Pangu creuse, fend et coupe.
Ainsi, Pangu grandit, et Pangu œuvre pendant dix-huit mille ans, sans jamais dormir, sans jamais se reposer. Quand ce temps est écoulé, le ciel atteint une hauteur vertigineuse et Pangu une taille colossale. Il mesure toute la distance qui sépare le ciel de la terre, soit quarante-cinq mille kilomètres et plus. Grâce à lui, le ciel et le terre ne peuvent plus se mélanger !
Pendant dix-huit mille ans, Pangu a œuvré solitaire, à la genèse du monde. Il a déployé toutes ses forces et consacré toute son énergie à sa création, et il s’effondre sur la terre qu’il a lui-même façonnée. Pangu meurt !
Mais son corps se métamorphose : sa chair constitue le sol, son sang se répand en océans et en rivières, son œil gauche devint le soleil et son œil droit devient la lune, son souffle se fait vent et nuées, sa voix se fait tonnerre !
Ses quatre membres et son corps forment les points cardinaux et les cinq montagnes sacrées qui s’élèvent jusqu’aux cieux, celles que l ‘on rencontre en prenant les différentes directions du monde : le centre, l’est, le sud, l’ouest, et le nord de la terre.
Puis ses larmes vont irriguer le fleuve Bleu et le fleuve Jaune, ses muscles se changent en champs, ses nerfs pénètrent la terre, et ses cheveux se transforment en étoiles et en Astres. Les dents de Pangu et ses os deviennent les métaux et les pierres, sa sueur devient la rosée et la pluie. Les poils de sa peau donnent les forêts, sa moelle se cristallise en perles et en Jade.
Pangu a tissé la trame du ciel et tracé les contours de la terre. Il est resté solitaire pendant trente-six mille années, et a sacrifié sa vie pour édifier le monde.
Les anciens disent qu’en réalité Pangu n’est pas vraiment mort : Lorsqu’il est joyeux, le temps est clair, et lorsqu’il est en colère, les nuages couvrent le ciel !

Deuxième version : A l’origine, il y eut un œuf au sein duquel dormait le géant Pangu. Un jour il se réveilla et entreprit de séparer le blanc, qui deviendra le ciel, du jaune qui sera la terre de Chine : dix-huit mille ans d’un interminable labeur. Trop long sans doute car le géant, au terme de cette épreuve se laisse choir sur la terre. Le choc fut d’une telle violence que les yeux de Pangu furent projetés dans le ciel et devinrent le soleil et la lune. Ses os brisés en mille morceaux formèrent les reliefs du paysage chinois, son souffle devint le vent, sa voix le tonnerre ; ses cheveux et ses poils furent les arbres et la végétation.
Quant au peuple Chinois…ce furent les poux qui couraient par millions sur son corps de géant !

tchintchi
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MessageSujet: Re: Contes Courts...   Ven 12 Oct - 17:39

Bien loin d'être mort!!
merci Baleine! les copines de l'Atelier seront ravies!!!
je connaissais aussi une version de la création de la Terre qui nacquit par la bataille entre Dieux et Géants, mais les premiers habitants en étaient ...le
Petit Peuple! héhé! tiluti

Bon boulot à toi! tant mieux, tant mieux si tu es occupée! c'est que tout va bien! tchintchi biz
A bientôt! (hé! je te raconterai pour Gougaud!! yeh )

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MessageSujet: Re: Contes Courts...   Dim 14 Oct - 13:06

En voici encore un Zen... courts mais toujours explicites! tiluti

En Inde, dans une région proche du Tibet, il était une fois un maître et son élève.
Quand le maître et l'élève eurent débattu des conditions pratiques d'usage,
le maître commença son enseignement. Il dit à son élève :
-Tu dois être fort. Va chercher qui tu es.
L'élève partit chercher la force et un an plus tard il revint voir son maître et lui dit :
-Je suis fort.
Pour montrer sa force, il prit un roc qu'il aurait été incapable de déplacer auparavant, le leva au-dessus de sa tête et le fracassa en mille morceaux sur le sol.
-Très bien, dit le maître, tu es fort.
Maintenant, tu doit être intelligent, va chercher qui tu es.
L'élève partit chercher l'intelligence et trois ans plus tard il revint voir son maître et lui dit :
-Je suis intelligent.
Le maître lui donna un texte très volumineux
-Tu viens m'en parler dans trois heures
Ce temps écoulé, le maître et l'élève parlèrent de l'ouvrage, d'égal à égal, jusqu'au lever du jour.
Le maître à ce moment-là dit :
-Tu dois être sensible. Va chercher qui tu es...
L'élève partit et son absence dura dix ans.
A son retour il montra au maître toute sa sensibilité.
-Très bien dit le maître, tu es fort, intelligent, sensible, tu dois aussi être rigoureux...
L'élève lui coupa la parole et poursuivit :
-Je suis qui je suis.
-Je n'ai plus rien à t'apprendre, répondit le maître. Va, ton chemin est bien le tien."

Inspiré d'un vieux conte hindou.
Extrait du livre de J.Salomé: "Contes à guérir, contes à grandir"

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MessageSujet: Re: Contes Courts...   Dim 14 Oct - 19:18

Un conte court d'animaux.

L’OREILLE DU LOUP GRIS
(J. Darwiche et H. Musa. ED : Lirabelle)

Un jour, le lion, roi des animaux, tomba malade. Son vizir, le dernier Loup gris d’une peuplade disparue, annonça la nouvelle à tous les animaux :
Ceux de la plaine, ceux de la montagne, ceux de la forêt.
Tous défilèrent dans la caverne du lion pendant trois jour pour prendre des nouvelles de sa santé et lui souhaiter un bon rétablissement.
Tous, sauf le renard !
Le loup gris, qui était toujours assis à la droite du roi, et qui n’aimait pas le renard, fit remarquer au lion : " Tous vos sujets sont passés s’incliner devant vous et vous souhaiter proche guérison et longue vie, excepté le renard. On dirait que votre santé ne l’intéresse pas. "
Le lion en fut irrité. Il fronça les sourcils et montra les dents, ce qui était signe de mécontentement et annonçait une décision grave.
Le lièvre qui avait tout vu et entendu, courus chez son ami le renard :
" Ami, fais attention à toi ! Le loup gris a fait remarquer ton absence et le lion est furieux contre toi. "
Le renard remercia le lièvre, traîna encore un jour, attrapa un poulet et se présenta le lendemain, en fin de journée, devant le lion.
Les moustaches du lion tremblèrent de colère devant l’insolence du renard :
" Voilà 4 jours que je suis au lit. Tous les animaux sont venus s’enquérir de mes nouvelles, sauf toi ! ? Ma santé ne t’intéresse-t-elle point ? Vas-tu prétendre que tu n’étais pas au courant de ma maladie ? "
" Ni l’un, ni l’autre, majesté. J’ai appris la nouvelle de votre maladie en même temps que les autres ; mais je me suis demandé s’il valait mieux venir tout de suite m’incliner devant vous ou courir chercher un remède. La sagesse et mon inquiétude pour votre santé m’ont poussé à courir le royaume pour demander aux médecins leur avis. "
" Et alors ? "
" Eh bien, tous les grands médecins sont d’accord sur le même remède. "
" Pourrai-je savoir lequel ? "
" Bien sûr ! Pour guérir, vous devez manger une soupe de poulet à laquelle il faut ajouter l’oreille droite d’un loup gris. Et je crois que notre grand vizir sera heureux de vous offrir la sienne. "
Le lion jeta un coup d’œil interrogatif vers le loup gris qui ne put qu’accepter de sacrifier son oreille.
Le lion mangea la soupe et s’endormit d’un profond sommeil.
Le renard se leva pour partir. Mais avant de quitter la caverne, il s’approcha de l’oreille gauche du loup et lui dit :
" Si tu veux sauver l’oreille qui te reste, surveille ta langue et ne dis plus du mal des autres ! "


xmen wi gr
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MessageSujet: Re: Contes Courts...   Lun 15 Oct - 23:13

gn mmmmmh! le loup n'a pas beau rôle! grrrrr! tong

mais grand merci quand même pour cette histoire!
Il dit bien ce que nous avons à entendre, de nos 2 oreilles..ha non, 3 !!! ii

Bises à toi Dame Baleine! à bientôt! biz

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MessageSujet: Re: Contes Courts...   Jeu 18 Oct - 18:14

Désolée pour le mauvais rôle du Loup. Hélas! ça lui arrive souvent de porter nos tares...
Voici une jolie histoire de baleine trouvée dans un album pour enfant. Mais elle n'est pas très courte...La baleine à le beau rôlr bien sur! Même si ce n'est évidemment pas pour ça que je vous l'envoie.
Bon, pour consoler tout le monde : je suis une baleine dont le fils s'appel Loup ! Tout est possible sur notre petite planète, n'est ce pas !?

fe avec un peu de poudre de merlinpinpin!

LA BALEINE AUX YEUX D’OR
(Chantal de Marolles et Bernadette Pons (ills) grasset jeunesse)

Très loin d’ici, dans la mer froide, il y avait une baleine ; une baleine grise comme la mer, grise comme le vent et la brume. Les marins qui l’avaient vue ne l’oubliaient jamais plus, car ses yeux étaient des perles d’or. Quand ils revenaient à terre, ils entraient dans les auberges et criaient " On l’a vu, on a vu la baleine aux yeux d’or ! "
Dans son palais, le roi les entendait et murmurait : " Je veux avoir ces yeux d’or, ce sont sûrement des yeux magiques "
Il avait promis une grosse récompense à celui qui les rapporterait. Aussi, quand ils s’embarquaient, les marins n’oubliaient jamais leurs harpons pour l’attraper.
Mais quand elle entendait leurs bateaux froisser la mer, la baleine plongeait au plus profond de l’eau et s’en allait à l’autre bout du pays, voir Noll, un petit garçon qu’elle aimait.
Noll n’était pas heureux : il n’avait plus de parents et vivait dans une cabane avec sa tante Hell qui ne l’aimait pas. Alors, souvent le soir, il venait s’asseoir sur la falaise, épuisé par tout le travail que sa tante lui avait donné à faire, et il se mettait à pleurer si fort, que parfois la mer débordait à cet endroit-là.
La baleine arrivait et se mettait à lui parler tendrement de sa voix qui faisait trembler les vagues : " Attends un peu, petit Noll, un jour ta tante sera petite et faible et toi tu seras grand et fort, et tu feras tout ce que tu voudras, sois patient. "
Hélas, un soir, tante Hell à suivit Noll jusqu’à la falaise…Quand elle voit les yeux d’or, tout brillants sous la lune, elle décide aussitôt de les lui prendre. Sans faire de bruit elle retourne à la cabane, se lave, se coiffe, prend son châle et court au palais du roi.
" Si je te donne les yeux d’or de la baleine dit-elle, est ce que tu prendras mon neveu chez toi ? " " Oui, répond le roi, et je le ferai premier ministre, et je te donnerai tout l’argent que tu voudras. " " Alors envoie-moi demain tes meilleurs soldats au bord de la falaise "
Quand Noll se réveille le lendemain matin, sa tante lui apporte un bol de chocolat et sourit : " Si tu le veux, Noll, c’est fini pour nous d’avoir faim et d’avoir froid et de dormir sur des fougères ; demain si tu le veux tu peux devenir premier ministre et être riche. Il suffit que tu appelles la baleine, et moi, je cueillerai ses yeux. "
" Jamais s’écrie Noll, ses yeux sont à elle, il ne faut pas les lui prendre, j’aime mieux rester pauvre ! "
Tante Hell hausse les épaules et crie : " Tu fais des histoires pour des yeux qui ne sont même pas de vrais yeux, seulement des boules d’or et dont elle ne se sert sûrement pas ! " " Non, répète Noll, non ! "
Alors, la tante se met à pleurer :
" Quand je pense à tout ce que j’ai fais pour toi ! A tout ce que j’ai dépensé ! A tout ce que tu m’as coûté ! A tous les plats que je t’ai cuits ! A tous les soins que je t’ai donné.. ! ! ! ? ? ? Et toi tu ne veux même pas que j’ai un vrai lit pour me coucher ! "
Alors Noll dit : " C’est bon, j’accepte ! "
Ils s’en vont vers la falaise et Noll crie : " Baleine ! Baleine ! "
On entend comme un grondement, les vagues se fendent en deux et la baleine paraît. En quelques secondes les soldats cachés derrière les sapins harponnent la baleine et mettent ses yeux dans un coffret. La baleine n’a même pas poussé un cri. Simplement, elle se secoue pour faire tomber les harpons, puis elle ferme ses paupières grises et s’en va. Noll reste là, sans bouger à regarder l’eau froide, jusqu’à ce que sa tante le tire par la manche en disant :
" Allons, viens donc au palais, nous voilà riche à présent. "

Le roi est fou de joie ! Il fait coudre les yeux en or sur son bonnet de fourrure et aussitôt, il voit toutes les mers : les bleues, les vertes et les noires. Il voit d’un coup tous les bateaux qui vont dessus, tous les poissons qui nagent dedans et tous les trésors coulés au fond. Il voit le dessous des icebergs, les tourbillons et les nids de tempête. Il crie : " ça y est, je suis le roi de la mer ! " et il fait jeter tous les ciseaux de tous le pays pour que personne ne puisse découdre les yeux d’or.
A partir de ce jour, Noll ne dit plus rien. Il ne mange plus, il ne dort plus et quand il lève les yeux vers le bonnet du roi, il croit voir pleurer les yeux d’or.
Alors, n’y tenant plus, un soir il se rend sur la falaise et murmure : " Baleine, baleine "
D’un coup, les vagues sombres se fendent en deux et la baleine paraît :
" Oh Noll gémit-elle, rend moi mes yeux s’il te plait ! Je les sens qui me regarde tandis que je me cogne aux vagues, rends-les moi, je t’en prie "
" oui, répond Noll, même si je dois mourir, demain matin au levé du soleil, je te les apporterai ! "

En retournant au palais, Noll sent que son cœur bât mieux, et que ses poumons respirent plus vite, il est heureux ! Il a pris une décision.
Il fait nuit noire quand il arrive au palais. Sans bruit il entre dans la chambre du roi et lui retire doucement son bonnet de fourrure. Puis il s’approche de la fenêtre éclairée par la lune et toute la nuit, avec ses ongles, il découd les points serrés. Quand tout est décousu, plein de bonheur, il s’enfuit vers la falaise. Il court, il court à perdre haleine, mais bientôt il entend derrière lui les cavaliers du roi lancés à sa poursuite. Il court plus vite encore, mais il entend les cris des soldats et les hennissements des chevaux.
Alors il se retourne pour voir s’ils sont encore loin et il tombe du haut de la falaise dans la mer en poussant un grand cri : " Baleine ! "
Les cavaliers tirent sur les rênes pour arrêter les chevaux et ils se penchent au dessus de la mer…Mais comme ils ne voient rien que les vagues qui bouillonnent, ils retournent au palais
.Et l’on entendit plus jamais parler du petit Noll !

Pourtant, des marins disent qu’ils l’ont vu, et quand ils entrent dans les auberges, ils chuchotent tout bas pour que le roi n’entende pas :
" On l’a vu ! On l’a vu le petit Noll ! Son manteau brodé était tout blanchi de sel, il avait l’air vraiment heureux, il riait et s’amusait dans les vagues, bien assis sur le dos de la baleine aux yeux d’or ! "
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MessageSujet: Re: Contes Courts...   Lun 29 Oct - 19:21

Voici un joli petit conte vraiment court!

KWIKIKI, LE MERLE
(" Petits contes malicieux " Milan jeunesse)

Kwikiki le merle pleurait à chaudes larmes. Une épine de rose lui avait percé l’aile et il souffrait beaucoup. Alertée par ses cris, une bonne vieille sortit de sa chaumière et, prise de pitié, le captura, soigna sa plaie et le remit en liberté.
- Je te remercie, dit le merle, avant de prendre son envol. Ne perds pas l’épine que tu m’as retirée surtout, car j’en ai besoin pour bâtir mon nid. Je viendrai la chercher bientôt.
La bonne vieille mit donc l’épine en lieu sûr, mais un soir de grand vent, oubliant sa promesse, elle s’en servit pour redresser la mèche de sa chandelle.
Quelques jours plus tard, Kwikiki revint :Bonne vieille, rends-moi mon épine.
- Hélas, je ne le puis, répondit la vieille. Elle a brûlé avec la mèche de ma chandelle - Alors, donne-moi la chandelle, je m’en contenterai.
La vieille se gratta la tête.
- Elle est chez ma voisine, je la lui ai prêtée pour éclairer sa grange.
- Qu’à cela ne tienne ! s’écria le merle. Et il s’en fut trouver la voisine.
- Rends-moi la chandelle qui éclaire ta grange, car elle m’appartient, lui dit-il
- Hélas, je ne le puis, répondit la voisine. Ma chèvre l’a mangée.
- Alors, donne-moi ta chèvre, je m’en contenterai. La voisine se gratta la tête.
- Elle est chez ma belle-sœur, je la lui ai vendue pour la noce de sa fille.
- Qu’à cela ne tienne ! s’écria le merle. Et il s’en fut trouver la belle-sœur.
- Rends-moi la chèvre que tu destines à la noce de ta fille, car elle m’appartient, dit-il.
- Hélas, je ne le puis, répondit la belle-sœur. Mes invités l’ont dévorée.
Du doigt, elle indiqua la salle où se déroulait le repas. Sur la table ne restait que la carcasse de la bête.
- Alors, donnes-moi la mariée, je m’en contenterai.
La belle-sœur se gratta la tête.
- Elle est à présent la propriété d’un notaire veuf et fortuné…
- Qu’à cela ne tienne ! s’écria le merle. Et il enleva la mariée à son époux.
- Merci, bel oiseau, lui dit celle-ci. L’on m’avait uni contre mon gré à ce barbon, et je suis bien aise d’en être débarrassée.
Au même moment, le roi, passant par là, vit la jeune fille en voile blanc et s’en éprit : Veux-tu être ma reine ? lui demanda-t-il.
- Oh ! Oui ! répondit-elle, car le roi était beau, jeune et plein de charme.
- Contre quoi me l’échangez-vous ? intervint Kwikiki.
Le roi sourit :
- Contre ce que tu désires : de l’or, des bijoux, des diamants…
- Une simple épine de rose suffira, dit le merle.
Et, tout heureux, il s’en alla enfin bâtir son nid.

bouh flow
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MessageSujet: Re: Contes Courts...   Mar 30 Oct - 1:05

applause applause applause haaaa Dame Baleine! je l'adore celui-ci!
merci, grand merci de me l'avoir trouvé!!!
je ne l'avais pas par écrit!

pardon, j'ai eu peu de temps depuis le début des vacances, et je n'en aurai pas beaucoup encore jusqu'à jeudi, mais après, le calme reviendra un peu, et nous aurons plus de temps pour partager bien d'autres choses encore!

Bien à toi, Dame Baleine! à bientôt! irish papillon

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MessageSujet: Un conte court... très court   Ven 19 Fév - 11:41

[size=12]Histoire courte… très courte




"Il était une fois un enfant qui était très désobéissant… voilà le commencement !


Il était parti tout seul dans la forêt et forcément, il s’est perdu … voilà le début !


Il trouva alors une vieille maison avec une très veille femme qui l’invita à venir se réchauffer tout près du feu… voilà le milieu !


Elle apporta une grosse, une énorme marmite … voilà la suite !


Plongea l’enfant dedans, le fit cuire et le croqua comme un petit lapin… voilà la fin !

La prochaine fois il écoutera sa maman… le conte est fini maintenant !"




.............. Tout y est , mais on doit pouvoir parvenir à faire encore plus court... faites-en bon usage !!!



Serge .... d'Apple-paille[/size]
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MessageSujet: Re: Contes Courts...   Sam 20 Fév - 16:09

Merci pour ta contribution aux contes courts!
je n'ai pas encore ue le temps d'enregistrer un conte court pour votre joli site web... :rf:
il faut que je le prenne, ce temps!! j'y pense!! tagad

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