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 1 Jour - 1 Histoire ...en attendant Noël

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Faenor
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MessageSujet: 1 Jour - 1 Histoire ...en attendant Noël   Lun 3 Déc - 10:45

Je suis un peu en retard, mais je voulais vous proposer ce sujet :
"1 jour - 1 Histoire" pour faire un peu notre Calendrier de l'Avent!

Voici un premier Conte! demain, en viendra un autre!
bonne lecture à vous! :sap:

3 Décembre

Pourquoi les conifères restent toujours verts? (suède)

Chaque année, à l'automne, lorsque les jours deviennent plus courts le soleil bien moins chaud, de nombreux oiseaux partent pour les pays chauds afin d'y passer l'hiver. Au printemps, lorsque les températures se font plus douces, ils font le chemin à l'envers et reviennent ici, vivre un nouvel été. Les forêts qui comptent la plus d'oiseaux migrateurs sont les forêts du Grand Nord. Là-bas, les hivers sont rudes et le gel souvent terrible en sorte que les oiseaux pourraient y mourir de faim et de froid.

Il y a bien longtemps, dans ces forêts du Grand Nord, vivait un jeune merle.Pendant l'été, il avait bien grandi et était devenu un merle fort et robuste qui chantait comme son père, son grand frère, ses oncles et ses cousins.

La veille du grand départ vers le sud, tous les oiseaux participaient au dernier vol d'entraînement lorsqu'un grand héron heurta le jeune merle de plein fouet.

- Tu ne peux pas faire attention, abruti! s'exclama le héron en colère. Il faut bien se dire que la colère du héron cachait le fait qu'il se savait en faute.

Notre ami, le jeune merle, sonné par le coup, tomba sur le sol comme une feuille d'automne. Son aile le faisait souffrir et elle pendait bizarrement. Il avait terriblement mal.

- Ton aile est cassée, lui dirent les vieux merles, forts de leur expérience. Tu ne pourras pas nous accompagner demain, car tu te noierais à coup sûr dans la mer. Tu. vas être obligé de rester et de passer l'hiver ici. Il faut te trouver un abri dans la forêt. Au printemps, nous passerons te reprendre ici.

Le jeune merle était effrayé. Il n'avait pas le choix. Il lui fallait rester et c'est bien triste qu'il regarda, le lendemain, ses parents et ses amis s'envoler vers le ciel sans tache d'Afrique. Il les regarda longtemps jusqu'à ce qu'ils ne se distinguent plus dans le ciel. Le cœur gros et les plumes tristes, il se mit à la recherche d'un abri. Mais où trouver un coin pour passer l'hiver dans cette grande forêt ?

Il avait marché longtemps lorsqu'il rencontra un vieux chêne imposant.

- Dites-moi, Monsieur le Chêne, puis-je, s'il vous plaît, construire un nid entre vos grandes branches? Je ne peux pas m'envoler vers les régions chaudes, car je me suis cassé une aile. Ce ne sera que pour un hiver! Me le permettez-vous s'il vous plaît?

Le chêne baissa la tête avec indignation.

- Ça non, alors! répondit-il d'un air outré. Il n'en est pas question! Cherche un autre arbre. Si tu as faim cet hiver, tu mangeras tous mes glands et je deviendrais un chêne sans glands dont les autres se moqueraient. Pas question que je fasse ça!

Plus triste encore, le jeune merle partit à la recherche d'un autre arbre. Il arriva bientôt près d'un magnifique bouleau dont les feuilles ondulaient doucement au vent. Il paraissait tellement accueillant, tellement beau et tellement gentil que le merle osa lui adresser la parole.

- Dites-moi, Monsieur le Bouleau, peut-être m'autoriseriez-vous à chercher refuge entre vos branches contre le vent du nord? Je dois trouver un abri sans quoi, je vais mourir gelé. Ce ne sera que pour un hiver. Lorsque le printemps reviendra, je chercherai un autre abri, mais mon aile est cassée et je ne peux aller nulle part ailleurs.

Le bouleau haussa les sourcils, plissa profondément le front et très en colère, il répondit en agitant ses branches et en criant :

- N'es-tu pas un peu fou? dit-il d'un air méprisant. Garder mes propres feuilles me donne déjà suffisamment de travail. J'ai besoin de toutes mes branches. je ne peux en sacrifier une seule pour te protéger. Cherche donc quelqu'un d'autre!

Le jeune merle s'éloigna tristement. Ses pattes ne le supportaient plus tant son chagrin était devenu lourd à porter. N'y avait-il donc personne dans cette forêt qui l'aiderait à passer l'hiver?

Il perdait espoir quand soudain, au détour d'un sentier, il aperçut un joli saule aux branches flexibles. Sûr que celui-ci allait lui accorder sa protection! Il sentait l'espoir renaître dans son petit cœur.

- Dites-moi, Monsieur le Saule, m'autoriseriez-vous à nicher durant cet hiver entre vos branches? Je me suis cassé une aile et je ne peux m'envoler avec les autres oiseaux vers des régions plus chaudes. Je mourrai sûrement de froid si je ne trouve pas d'abri. Me le permettez-vous? Je vous en prie!

Il leva les yeux d'un air suppliant vers le saule. L'arbre avait le cœur bon mais il ne pouvait l'aider.

- Je suis sincèrement désolé pour toi, dit-il, Après tout, je ne te connais pas. Comment pourrais-je savoir si tu ne creuseras pas des trous dans mes branches en cachette, comme une pie, ou si tu ne me mangeras pas mes feuilles? Adresse-toi plutôt à quelqu'un d'autre. Il y aura peut-être un arbre qui acceptera de prendre un oiseau étranger sous sa protection. Je trouve cela terrible, mais je ne peux pas t'aider.

Fatigué, le merle s'éloigna bien décidé à ne plus demander protection à personne puisque de toute façon, personne ne voulait l'aider.Il erra dans les bois touffus pendant six jours et six nuits, mais tous les arbres avaient eu vent de son histoire par le chêne, le bouleau et le saule et détournaient la tête dès qu'ils le voyaient.

Le septième jour, le merle arriva dans une clairière où se tenaient trois arbres les uns à côté des autres : un sapin, un pin et un genévrier.

- Où vas-tu? demanda le grand pin, étonné. Il y a bien longtemps que tu devrais être dans un chaud pays du sud. Tu vas geler si tu ne pars très vite.

- Je sais bien, répondit tristement le merle. Je me suis cassé une aile et je n'arrive plus à voler. Je cherche désespérément un abri pour l'hiver dans cette forêt, mais personne n'a de place pour moi.Le sapin, le pin et le genévrier se regardèrent en souriant.

- Si tu veux, tu peux rester auprès de nous, dit le grand pin, chaleureusement. Construis ton nid entre mes branches. je suis suffisamment grand et fort pour te protéger contre tout danger.

- Mes branches sont suffisamment touffues pour arrêter le vent du nord, dit le sapin. Construis ton nid entre ses branches les plus épaisses, mais reste près de moi. De cette manière, tu ne sentiras pas le vent d'hiver.

- Quant à moi, tu pourras te nourrir de mes baies tout l'hiver, ajouta le genévrier. J'en ai suffisamment. Tu pourras t'en rassasier.

Reconnaissant, le merle construisit son nid dans les branches du pin, juste à côté du sapin, comme celui-ci le lui avait proposé. Chaque jour, il pouvait manger des baies de genévrier.

Le merle était heureux avec ses trois bons amis et, de son nid, il leur chantait chaque jour sa chanson la plus mélodieuse en guise de remerciement.

Lorsque le vent du nord arriva, un frisson parcourut la forêt. Le vent souffla d'abord toutes les feuilles du chêne et les fit tourbillonner jusqu'à ce qu'elles forment un tapis sur le sol. Il s'approcha ensuite du bouleau et lui arracha également toutes ses feuilles en riant et en mugissant. Le bouleau résista de toutes ses forces, mais le vent du nord était plus fort que lui. Après son passage, le bouleau resta là, les branches nues, à frissonner de froid. Ce fut ensuite le tour du saule. Le vent du nord tourna autour de lui comme une toupie et chassa toutes ses feuilles une à une.

Il arriva ensuite près du sapin, du pin et du genévrier.

- Ah, ah! Voilà encore quelques arbres verts, dit le vent en poussant des cris de joie.

- Stop, retentit soudain une voix forte.

C'était le roi Hiver qui passait par le bois, la tignasse blanche comme neige et des stalactites pendues à ses mains.

Laisse ces trois arbres tranquilles, commanda-t-il. je n'ai pas pitié des autres, mais ces trois-là ont aidé un jeune merle qui demandait de l'aide. Comme récompense, ils pourront rester verts pour toujours.

Le vent du nord jeta un coup d'œil étonné à travers les branches du pin. Il aperçut le petit merle à l'abri dans son nid douillet et fut attendri.

- Vous avez raison! acquiesça-t-il, ému. je vais les laisser en paix.

Voilà pourquoi, depuis ce jour, tous les pins, sapins et genévriers restent aussi verts l'hiver que l'été.



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MessageSujet: Re: 1 Jour - 1 Histoire ...en attendant Noël   Jeu 6 Déc - 20:28

:rf: aurais-je sauté encore quelques jours?! st

Bien , reprenons le cours des choses!

6 décembre

LE SOLEIL, LE FROID ET LE VENT

Etant donné que tout peut arriver dans les contes, même les choses les plus inattendues, on ne s'étonnera pas si, un jour, le soleil, le froid et le vent partirent ensemble en voyage.

Un mot en entraînant un autre, ils commencèrent à deviser sur le point de savoir qui était le plus fort en ce monde. Le soleil déclara aussitôt :

« Tout le monde me sait gré d'apporter la lumière et la chaleur. Mais je sais aussi être torride. C'est pourquoi l'on me craint. Je suis donc le plus fort. »

« Ne te vante donc pas ! » répliqua aussitôt le froid.
« Quel pouvoir as-tu en hiver ? A cette époque, il faut voir comme on me redoute ! J'ai donc un avantage sur vous. »

Ces deux-là continuèrent à fanfaronner. Seul, le vent ne souffla mot, tout en les écoutant avec attention.

Ils ne furent pas longs à rencontrer en chemin un paysan qui revenait de la ville. Dès qu'il les aperçut, l'homme ôta son bonnet et se prosterna devant eux.

« Tu vois ? » dit le soleil, quand ils eurent dépassé le paysan, « il se prosterne devant moi car je suis le plus fort. »

Mais le froid sourit ironiquement :

« C'est ce qu'on dit. Ce salut m'était peut-être destiné ... As-tu remarqué le regard effrayé de cet homme ? »

Ils auraient polémiqué encore longtemps si le vent n'avait eu soudain une bonne idée.

« Hé ! Monsieur ! » lança-t-il au passant.

Quand celui-ci se fut retourné vers eux, le vent ajouta :

« Qui as-tu plus précisément salué ? Le soleil, le froid ou moi ? »

Le paysan les regarda bien. Le froid se renfrogna. Le soleil montra son plus beau sourire, mais ses yeux brillaient comme deux charbons ardents. Seul, le vent ne fit aucun effort particulier. Il se contenta de souffler sur le chemin un air qui s'était rafraîchi au contact du froid et refroidissait même l'ardeur du soleil.

« C'est devant toi que je me prosterne, joli vent », dit le paysan sans avoir besoin de longtemps réfléchir.

Naturellement, cette réponse n'eut l'air de plaire ni au soleil ni au froid.

« Tu ne connais pas encore notre force ! » crièrent-ils avec colère.
Et, avant que le pauvre homme n'ait pu protester, le soleil bondit dans le ciel et se cacha derrière les nuages, tandis que le froid courait à toutes jambes vers la forêt qui se dressait à l'horizon.

Seul, le vent demeura près du paysan et lui dit :

« N'aie peur de rien et va-t'en chez toi tranquillement. Si l'un de ces deux-là cherche à te nuire, il te suffit de m'appeler et je viendrai à ton secours. Je sais comment m'y prendre avec eux ... »

Là-dessus, le vent poursuivit son chemin, et le paysan rentra chez lui.

Il aurait sans doute oublié l'incident si, cette année-là, l'hiver n'avait été aussi soudain. Il gela à pierre fendre. Le pauvre homme ne pût mettre le nez dehors sans risquer qu'il se transforme aussitôt en glaçon. Bientôt, le bois manqua dans le chalet. Le jour où le paysan brûla sa dernière bûche, le froid commença à sévir dans sa chaumière.

« Je suis venu te montrer qui est le plus fort ! » cria-t-il en faisant trembler les portes.

De peur et de froid, le sang se figea dans les veines du paysan, tandis que des griffes de glace s'abattaient sur la pièce. Au dernier moment, l'homme se souvint de ce que lui avait dit le vent et il commença à prier :

« Vent, joli vent,
Viens à mon aide !
Le froid me prend,
La mort me guette.
Dépêche-toi,
Je meurs de froid ! »

Mais le froid poussa encore deux fois la porte avant de repartir vers la forêt. Terrifié, le paysan en eut des chandelles de glace au bout de ses moustaches et il commença à soupirer et à se lamenter. Heureusement, une brise tiède souffla de la porte entrouverte et le pauvre homme sentit que son sang se remettait à circuler.

A partir de ce jour, le froid ne se montra plus dans la chaumière et le paysan ne fut pas long à oublier l'incident.

Puis vinrent le printemps et l'été. Il y avait fort à faire dans les champs et les prés. Le paysan ne rentrait chez lui que tard le soir, tout en nage et fatigué.
Un jour, à midi, alors qu'il ratissait le foin, le soleil brillait avec une telle force depuis le matin qu'il semblait à l'homme que l'astre descendait sensiblement du ciel comme pour le brûler et le consumer tout à fait. Il en laissa tomber son râteau de désespoir, se prosterna au sol et appela :
« 0 vent joli,
Prends donc pitié !
Le soleil luit,
Je suis brûlé.
Le soleil cuit,
Je suis rôti ! »

Cette fois, à l'instant où le paysan allait s'évanouir, une brise fraîche passa sur son visage. Et, bien que le soleil brillât de toutes ses forces, ses rayons perdirent de leur intensité. Le pauvre homme se releva, reprit son râteau et se remit au travail.

Depuis, ni le soleil ni le froid n'essayèrent plus de lui faire du mal.
Et le paysan se félicita d'avoir justement estimé que le vent était le plus fort


:frr: :floc: :frr: :floc: :frr:

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MessageSujet: Re: 1 Jour - 1 Histoire ...en attendant Noël   Lun 10 Déc - 10:35

wi je sais, je sais, j'ai sauté des jours, mais nous avons également la grande joie et le plaisir de découvrir les aventures du
"Père-Noël perd la boule", par Dame Mélîye!!!
à lire si vous ne l'avez encore fait!

Et pour ce jour, voici un nouveau conte (une première partie, car il est un peu long):

10 Décembre

LA BREBIS-FÉE (Albert Meyrac, 1890)

Il y avait une fois un pauvre vieillard qui s’appelait le père Nicolas. Il vivait au fond d’un bois, dans une cabane, avec sa femme, la mère Jeanne, aussi vieille que lui. Ils avaient cinq fils nommés Lucas, Charlot, Simon, Joseph et Paulin.
Ils ne gagnaient leur vie qu’à grand-peine et, fort souvent, trop souvent même, le pain manquait à la maison. Ils étaient tous bûcherons.

Un soir que Lucas revenait de la forêt où il avait passé tout le jour à couper du bois, il entendit des cris, des gémissements plaintifs, semblables à ceux que pousse un tout petit enfant. Vite, il courut au buisson d’où partaient ces cris et vit une brebis blanche, jolie, mignonne à ravir et qui bêlait si tristement qu’elle aurait attendri des pierres. Il la caressa, la flatta de la main, lui parla d’une voix si douce que la brebis le suivit.
Et il la mena jusqu’à la cabane où il demeurait avec ses parents.

Hélas ! mon pauvre fieu, lui dit la mère dès qu’il eut passé, la porte avec sa brebis, voilà que tu nous ramènes une bouche de plus !
Où prendrons-nous de quoi la nourrir ? Nous n’avons plus une croûte de pain à la maison !
- Oh ! justement, ça tombe bien, la mère. Voyez la belle brebis ! Nous allons la tuer et nous régaler avec sa bonne viande, sans compter que nous vendrons la peau pour acheter du pain.
-Tout cela, fieu, serait chose bonne à faire si la brebis était à nous ; mais vois-tu que son maître vienne nous la réclamer ? Nous n’avons donc pas le droit de la vendre, ni de la tuer. Gardons-la. Aussi bien, j’y songe, elle ne coûtera pas gros à nourrir, puisque le jour elle pourra, tout à son aise, brouter dans les bois. Pour la nuit, nous lui ferons une petite place près de nous, et elle nous réchauffera.

La brebis ne fut donc ni vendue, ni tuée et dès ce jour, elle fit partie de la famille. Tout le monde l’aima, tant elle était caressante. C’est à qui, lorsque c’était possible, lui donnerait un morceau de son pain et, pour la régaler, le dimanche, une poignée de sel, quand le bois s’était bien détaillé à la ville voisine.

Un jour, voilà que devant la cabane du père Nicolas passa un monsieur très riche qui se promenait dans le bois. Il entra pour se reposer et, voyant cette brebis si proprette, si gentillette, il voulut l’acheter.
Mais le père Nicolas, la mère Jeanne et ses cinq enfants refusèrent de la vendre, quoique le monsieur offrit une bourse toute pleine d’or.
-Non, monsieur, dit la mère Jeanne, nous ne vendrons pas notre chère brebis ; d’abord elle ne nous appartient pas, et puis nous l’aimons trop pour nous en séparer. Nous sommes pauvres, c’est bien ! nous travaillerons encore davantage, vrai : eh si c’est nécessaire, pour lui donner son content et qu’elle ait toujours sa part comme nous.

Le monsieur, s’étant reposé, sortit de la cabane sans avoir pu acheter la brebis. Mais les années avaient succédé aux années, la brebis était devenue vieille, personne ne l’avait réclamée, et la misère se faisait de plus en plus sentir dans la cabane, si bien qu’un jour l’aîné des fils du père Nicolas et de la mère Jeanne dit :
-Voilà notre pauvre brebis devenue bien vieille et sans doute qu’elle ne tardera pas à mourir. Ne serait-il pas juste, alors, que sa mort nous profitât, à nous qui l’avons toujours si bien soignée, à nous qui, jamais, ne l’avons laissée manquer de rien ? Certes, la tuer sera pour nous un grand crève-coeur ; mais que voulez-vous ? La misère parle plus haut que la pitié, et d’ailleurs, si d’ici à quelques jours, comme c’est probable, la brebis meurt, à quoi aura -t-elle servi et quelle aura été la récompense de notre bonne action ?
-Non ! non ! firent ensemble le père, la mère et les quatre frères ; non ! mille fois non ! Nous n’égorgerons pas notre brebis !.


.../.... à suivre!


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