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 Les "surnoms" de la Mer

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Faenor
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MessageSujet: Les "surnoms" de la Mer   Ven 18 Jan - 20:37

C'est en cherchant sur le web, pour Dame Baleine et ses contes de Mer, que j'ai trouvé quelques anecdotes enrichissantes!
Ainsi, voyez comme la Mer inspire bien des appellations et des Croyances, selon la Terre qu'elle borde, et selon son ...humeur!

LES NOMS DE LA MER ET DES VAGUES

Beaucoup de surnoms et d'épithètes de la mer sont expressifs et pittoresques.
Les marins français l'appellent la Grande Eau.
En Basse-Bretagne, on la nomme Mor braz, la mer grande, dans la Gironde, la gran'ma, en Haute-Bretagne, la grand' mé salée.
Sur le littoral de la Manche, elle est le grand étang, la grande fontaine, la source inépuisable.
Les marins l'appellent la grande rue, parce qu'elle est la grande artère commerciale.
A l'idée d'immensité se rattachent aussi les désignations de la grande tasse, le grand bassin, la grande marmite.

D'autres appellations viennent de comparaison entre certains de ses aspects et ceux de la campagne :
sa couleur verte lui a fait donner le nom de grand pré, qui est aussi utilisé dans le langage argotique, où faucher le pré désigne la condamnation aux travaux forcés;
c'est une survivance de l'époque où les galériens coupaient de leurs avirons les ondes verdâtres, comme des faucheurs rangés dans une prairie.

En basque, on surnomme la mer Landa lihoa, le champ de lin, et l'on raconte, à Saint-Jean-de-Luz, que deux paysannes, venues pour la première fois sur ses bords, s'écrièrent :
« Oh ! le beau champ de lin. »
Les ondulations du lin en fleurs éveillent en effet assez aisément cette comparaison, qui n'est pas particulière au pays basque;
dans plusieurs contes populaires, des gens voyant un champ de lin fleuri, bleu comme la mer et qui ondule sous la brise comme les vagues, s'écrient que c'est la mer, et se déshabillent pour y prendre un bain.

Dans un conte picard, six compagnons peu avisés prennent aussi pour la mer les ondulations d'un champ de blé et se mettent à nager à travers les épis.

La mer est l'objet d'assimilations gracieuses qui se rattachent aussi au règne végétal.
Quand elle n'est point ridée, c'est une « mer de roses »;
sur plusieurs points du littoral, on dit que le flot fleurit quand l'écume en empanache le sommet;
en Haute-Bretagne on désigne sous le nom de « mer fleurie » celle où les vagues blanchissent sans être bien fortes.

Toute une série de surnoms de la mer est basée sur la comparaison de ses mouvements avec ceux d'animaux domestiques.
Un passage de Noël du Fail parle des « Gabelous et sauniers du Croisil qui, après estre exenterez, estrippez, emplis de sel, et le ventre cousu, furent par la truandaille du pays, envoyez au fin fond de la grand Jument Margot, qui se bride par la queuë. »

En Poitou, on nomme la mer la grand jument blanche:
dans le pays de Tréguier, la jument blanche désigne l'état de la mer houleuse, comme le terme ar gazek klanv, la jument enragée, usitée sur cette côte et à l'île de Batz.
Dans le Trécorrois, la mer calme est ar marc'h glas, le cheval bleu, à l'île de Batz ar gazek c'hlaz, la jument bleue.

Elle a aussi été comparée à une vache : en Haute-Bretagne, c'est la vache gare, (varia, de diverses couleurs) en raison du bleu et du blanc des vagues.
Sur le littoral du Finistère, son nom de ar vioc'h lezek, la vache à lait, se rattache à un autre ordre d'idées;
il indique les ressources, licites ou illicites, que les gens de ce pays en tirent, et qui l'ont fait appeler aussi la nourrice des gens d'Arvor.

La mer calme est l'objet d'épithètes gracieuses:
presque partout on dit qu'elle est belle, et, comme les matelots, les héros des chansons populaires parlent de la « mer jolie ».
Sa tranquillité l'a fait comparer à des animaux paisibles :
en Haute-Bretagne, elle est douce comme un mouton, dans le Finistère, comme un agneau.
Quand elle est dans cet état, on lui donne l'épithète de blanche : Mor gwen en Basse-Bretagne, Mar blanco en Provence.

La mer sans mouvement a aussi été comparée à du lait :
Mor sioule e-c'hiz al leaz, tranquille comme du lait.
Plus ordinairement, lorsqu'elle est très calme, elle a été assimilée à l'huile, image qui rend assez bien certains de ses aspects.

Lorsqu'elle reflète les objets sans les déformer, on dit en Provence qu'elle fait miroir, Fai mirau;
ailleurs, qu'elle est claire comme un miroir.
Dans quelques pays, les pêcheurs disent qu'alors « elle se regarde ».
En Basse-Bretagne on dit qu'elle est bonne à servir de promenoir aux mouches.

La tendance à prêter à la mer les passions d'un être animé se reflète dans un assez grand nombre d'expressions.
Lorsqu'elle est agitée, on dit couramment qu'elle est en démence ou en folie, qu'elle est mauvaise.
Dans le pays boulonnais, elle se courrouce, s'arpiffe, se met en colère.
Quand souffle la tempête, elle est enragée ou déchaînée, par une comparaison avec un animal, qui est souvent employée en parlant des vagues.

Son bruit est aussi l'objet d'expressions animistes et imagées.
Parfois les pêcheurs disent que la mer chante; dans un conte gascon, où elle est personnifiée, elle chante pour dire à deux petits jumeaux de prendre courage, et de marcher devant eux, parce que le temps est proche où ils retrouveront leur père et leur mère.
Elle gronde aussi, ou crie comme une personne.
Dans le gros temps, lorsqu'elle fait entendre des sons qui ressemblent à une plainte, on dit en Haute-Bretagne qu'elle brait (crie en pleurant).
On a comparé son bruit à celui d'une cloche; on dit couramment que la mer « sonne ».

Le fracas de la mer est aussi attribué à des êtres surnaturels ou des âmes en peine.
Selon les habitants de l'île d'Arz (Morbihan), les voix lamentables que semblent jeter la nuit les vagues ne sont autre chose que les plaintes des bolbiguéandets, génies malfaisants qui se réjouissent d'annoncer les tempêtes et les naufrages.

Sur la côte du Finistère, ce qu'on prend pour le bruit tumultueux de la mer n'est bien souvent que le cri de douleur et d'épouvante de ses innombrables victimes.
Comme les âmes des noyés ne peuvent trouver de repos tant qu'une terre chrétienne ne recouvre pas leur enveloppe mortelle, les naufragés pleurent de rage et hurlent de désespoir chaque fois que la lame en fureur roule leurs ossements dans ses plis et les éloigne du rivage.
Ces âmes désolées sont connues dans presque toute la Bretagne sous le nom de Krierienn, crieurs.

Les pêcheurs de France disent d'ordinaire que l'agitation de la mer est causée par le vent...
mais on rencontre des explications moins naturelles;
d'après une légende des environs de Saint-Malo, le sorcier qui a perdu son moulin magique plonge de temps en temps pour le retrouver, et c'est quand il nage que la mer est violemment agitée.

Sur la côte de Paimpol, les gens noyés sans être en état de grâce sont condamnés à travailler au fond de la mer;
ce sont leurs mouvements qui produisent les vagues et l'on dit quand la mer est houleuse, bien qu'il ne fasse pas de vent :
« Les noyés se remuent; ils travaillent à faire trembler la mer. »

Les actes de violence à l'égard des génies maritimes étaient promptement suivis d'une punition :
un homme de Douarnenez s'étant avancé pour saisir une sirène qu'il voyait sur les rochers du Raz, elle se précipita dans la mer, et un effroyable coup de vent jeta vingt bateaux à la côte.

Suivant une idée encore assez répandue dans le sud Finistère,
le chant de « Marguerite Mauvais temps» (la sirène) fait enfler la mer.

Sur la côte de Tréguier, c'étaient les Dud-vor, hommes de mer, ou les Cornandonet, petits démons noirs qui excitaient les tempêtes et Boucher de Perthes rapporte qu'avant les ouragans, les matelots apercevaient sur les rochers un nain blanc qui dansait.

En Bretagne, à la fin du 18ème siècle, comme aussi de nos jours, la mer entrait en furie à la mort d'un grand homme, ou lorsque des criminels quittaient ce monde :
en ce cas, c'est le diable qui vient chercher son âme au milieu d'une bourrasque.

Certains actes accomplis à terre peuvent provoquer la tempête :
une femme qui a son mari ou ses parents en mer ne doit pas se peigner après la nuit tombée.
Il faut qu'elle se garde bien de noyer un chat;
le meurtre de ce félin, à bord ou à terre, expose à du mauvais temps.

Dans une légende bretonne qui raconte un voyage au Paradis, celui qui l'entreprend voit, entre autres merveilles, une mer en fureur qui se dévorait elle-même.
Les vagues se soulevaient en énormes paquets d'eau, puis couraient les unes contre les autres avec des abois désespérés et des bonds effrayants de bêtes.
A son retour, il apprend que ces vagues sont les gens mal mariés ou unis contre leur gré, qui se mordent sans cesse jusqu'à ce qu'ils se soient entre-tués.

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MessageSujet: Bonjour Faenor,   Sam 19 Jan - 10:42

et merci pour tous ces détails de noms "croustillants". applause

On peut dire que la mer fait couler beaucoup d'encre!

Ce matin je suis à la médiathèque de La Rochelle, pour une histoire de doudou avec des tout-petits et leur parents. Et j'ai beau avoir l'habitude, impossible d'empêcher une certaine "tension" : avec les tout-petits, c'est toujours nouveau et différent. C'est d'ailleur ce que j'aime, mais c'est aussi ce qui est difficile à prévoir. Et nous, les "grands", on aime prévoir! Heureusement, on aime aussi improviser!
A bientôt
La baleine Zen z
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Faenor
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MessageSujet: Re: Les "surnoms" de la Mer   Sam 19 Jan - 13:11

tchintchi c'est un plaisir de partager ces détails croustillants, comme tu dis!
Et surtout, il ne faut pas hésiter à faire des demandes de recherches, car tu vois, sans ta demande, je ne serai pas aller chercher ça, et franchement, je suis heureuse d'en prendre connaissance!

Ha... le trac.... il stimule! c'est que du bonheur!
j'espère que ta matinée s'est bien passée, Dame Baleine!

Gros Bizoux flow

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