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 Ferrazzano, le fripon (Facétieux)

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Faenor
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MessageSujet: Ferrazzano, le fripon (Facétieux)   Sam 26 Jan - 12:39

tiluti Un petit conte facétieux.... ça vous dit?!
En voici un dont il semblerait que le personnage principal (Ferrazzano) soit le héro de toute une série d'autres contes de ce type! Voici celui que j'ai trouvé dans le livre "Contes des Fous Sages".

FERRAZZANO, LE FRIPON (Sicile)
La femme de Ferrazzano rend visite à la reine.

Ferrazzano était valet de chambre à la cour du roi de Sicile.
C'était un très bon valet, mais un mauvais plaisant et un maître fripon!
Un beau jour, la reine le fit venir et lui dit:
- je me suis laissé dire que ta femme est une beauté! Amène-la moi un jour, je suis curieuse de la voir!

Ferrazzano se dit par-devers lui : "qu'est-ce que cela peut bien faire à la reine comment est ma femme?'" ...mais tout haut, il répondit:
- Je vous l'amènerai volontiers! cela sera pour elle et pour moi un immense honneur et un plaisir encore plus grand! Je l'aurais fait plus tôt et j'y ai souvent pensé, mais j'hésitais toujours.
- Pourquoi donc? s'étonna la reine, Ta femme est-elle donc si timide?
- Timide, pas précisément. Mais elle entend mal, et encore, d'une oreille seulement. Je vous l'amènerai mais il vous faudra crier, sinon, elle ne vous entendra guère!
- Ne sois pas en peine, répondit la reine, je crierai, je crierai de toutes mes forces!

Ferrazzano rentra chez lui et dit à sa femme:
- sa majesté la reine veut parler avec toi. Viens vite, que cette corvée soit finie!
Mais il te faudra crier bien fort, car elle est sourde comme un pot! Elle n'entend rien de l'oreille gauche et pas beaucoup plus de la droite. N'oublie pas d'hureler de toutes tes forces quand tu t'adresseras à elle!

Il conduisit sa femme devant la reine.
La femme fit une profonde révérence, se posta à deux pas de sa souveraine et se mit à crier à en faire trembler les vitres:
- Mes respects, votre Royale Altesse!

La reine tressaillit, mais pensa tout de suite: "la pauvrette, elle crie si fort parce qu'elle même n'entend guère! Elle est jolie comme un coeur, quel malheur que cette infirmité! " Et elle répondit, criant encore plus fort:
- Sois la bienvenue à notre cour!

La femme sursauta, mais se dit immédiatement: pauvre reine! elle n'entend rien, c'est pour cela qu'elle crie ainsi!
Et de crier toujours plus fort! et toutes deux de continuer, criant à pleine gorge,
tournant l'une autour de l'autre pour être à côté de la meilleure oreille.
Le mauvais plaisant de valet se tenait derrière la porte, riant à se tordre!

Les cris résonnaient dans tout le palais! On les entendait jusqu'au haut des tours et jusqu'au plus profond des souterrains, à la cuisine, à l' étable!
Les courtisans s'étaient rassemblés, et écoutaient, bouches béantes et yeux écarquillés; finalement survint le roi lui-même qui s'exclama le plus fort qu'il put pour dominer les autres voix:
- Par tous les diables! Qu'est-ce que ce tapage?!!
La reine se tourna vers lui, et lui répondit de sa voix ordinaire:
- c'est la femme de Ferrazzano qui est venue me rendre visite, mais la pauvrette est sourde comme un pot!

Mais la femme de Ferrazzano se mit à hurler:
- Moi?? sourde comme un pot!! Moi qui entendrait trotter une souris! C'est vous qui êtes sourde, Ferrazzanno m'en a prévenue!

Le roi se mit à rire volontiers, mais la reine, elle, ne riait pas et voulait à toutes forces que l'on punît Ferrazzano. Elle ne céda point jusqu'à ce que le roi y consentît : il lui fallut écrire un billet au commandement de ses gardes lui ordonnant d'administrer 100 coups de bâton!

Ferrazzano prit le billet, le flaira, fit une horrible grimace et le jeta loin de lui.
- qu'y a-t-il? demanda le roi, Quelquechose te déplait??
- Majesté, répondit Ferrazzano, je ne saurais seulement toucher ce papier!
- Et pourquoi donc?
- Sauf votre respect, ce papier empeste! J'oserais même dire qu'il pue!
Le roi sauta comme si on l'avai piqué:
- il pue, mon billet!! Et quoi donc, si je puis me permettre de te le demander!?
- Il pue le bâton!

La colère du roi tomba d'un coup, il se reprit à rire et il était tout prêt de pardonner à son valet, mais la reine fut intraitable.
Rien n'y fit et il fallait bien que Ferrazzano portât le fâcheux billet.
Et le pire, c'est que la dame appela son propre valet afin qu'il accompagnât notre fripon et ne le quittât pas de l' oeil!

Les 2 domestiques s'en furent donc de compagnie.
Ferrazzano gambadait, hâtait le pas, avec une expression d'intense jubilation.
- qu'est-ce qui te rend si joyeux? demanda le valet de la reine.
- Tu veux le savoir ? demanda amicalement Ferrazzano. C'est que je porte un billet du roi où il a écrit que l' on doit me remettre une récompense!!
Son camarade palît de jalousie et dit amèrement:
- Tu es dans les petits papiers du roi, sans doute, moi, pareille chance ne m'est jamais arrivée!...
- Sais-tu, reprit Ferrazzano avec bonhomie, si tu me donnes un ducat, eu égard à notre vieille amitié, je te laisse porter le billet toi-même!

Son camarade se répandit en remerciements, lui donna le ducat et courut porter le billet au commandant de la Garde du Roi.
Celui-ci lut l'ordre du roi, s'empara d'un grand bâton, l'assura dans ses mains, et dit:
- Allez! qu'on se mette à plat ventre sur ce banc!

Cependant, Ferrazzano s'en retourna dans la salle du Trône où la reine s'entretenait familièrement avec son épouse.
- Tu as déjà remis mon billet?? s'étonna le roi.
- Je le voulais, répondit Ferrazzano en souriant, mais le valet de sa Majesté la reine a tellement insisté pour le remettre lui-même que je l'ai laissé faire!...

Et cette fois, tout se passa pour le mieux du monde:
le roi se mit à rire et la reine aussi, Ferrazzano riait, ainsi que sa femme.
Le seul à ne point rire fut le malheureux valet de chambre de la reine!

_________________
Belle et Douce Journée à vous! /I\
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